Les collectifs de jardins russes : une organisation résiliente

collectifs de jardin russe

La Russie offre un exemple d’agriculture péri-urbaine collective à grande échelle. En plus de contribuer significativement à la production agricole du pays, ce « circuit parallèle » confère au système alimentaire russe plusieurs attributs importants de résilience, dont l’Histoire récente a permis d’attester l’efficacité.

 

 Ampleur du phénomène

Des images satellites de quelques villes russes suffisent pour constater l’importance qu’y occupe le jardinage collectif. Depuis le ciel, on observe de vastes et régulières mosaïques de parcelles arborées, regroupées par poche ou par bande en périphérie de la quasi-totalité des centres urbains.

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Vue du ciel typique d’un collectif de jardins, en périphérie ouest de Iaroslav, Russie.
 

L’Union des Jardiniers de Russie estime que, sur la centaine de millions d’urbains que compte la Russie, soixante millions d’habitants pratiquent le jardinage à des fins de production alimentaire. [1] Même dans les plus grandes villes, dont Moscou et St Pétersbourg, plus de la moitié de la population dispose d’une parcelle cultivable : on les appelle habitants-jardiniers, ou datchniki. Dans les villes de province, telles Kazan, leur proportion peut atteindre 80% de la population[2] !

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A Irkoutsk, ville la plus peuplée de Sibérie orientale située à proximité du lac Baïkal, les collectifs de jardins se devinent parmi les vastes forêts environnantes.

 

Quartier situé au sud-ouest d’Irkoutsk. Les immeubles soviétiques laissent brutalement place aux jardins. Le climat subarctique, et la couverture neigeuse qui tient six mois de l’année, ne dissuadent pas les habitants de jardiner aux beaux jours.

Comment expliquer l’importance de ce phénomène, inédite pour un pays industrialisé ?

Origines des collectifs de jardins

La population russe était très majoritairement paysanne jusqu’au début du 20ème siècle avant de s’urbaniser rapidement sous l’effet de l’industrialisation du pays. Les collectifs de jardins sont apparus à partir de 1917, en réponse aux pénuries alimentaires dont la fréquence et la gravité s’accentuaient alors que le communisme de guerre instaurait un monopole d’État sur tous les moyens de production.

À l’origine informels et désapprouvés par le pouvoir soviétique – car impliquant des pratiques individuelles ou familiales – les jardins collectifs ont rapidement été encadrés par l’État, en raison de leur indéniable efficacité pour contrer les pénuries. Ils étaient contrôlés et gérés par les entreprises d’État, qui divisaient le foncier en parcelles égales et les distribuaient aux employés.[3]

Tout au long du XXème siècle, le nombre de collectifs et l’intensité de leur mise en culture ont beaucoup fluctué en fonction du contexte économique (cf. infra).

Les parcelles de jardins sont officiellement demeurées propriété de l’État jusqu’en 2006, date à partir de laquelle leur privatisation s’est rapidement opérée.

Description des collectifs de jardins 

Les jardins sont regroupés au sein de collectifs de tailles variées, allant de quelques dizaines à plusieurs milliers de parcelles. Ces collectifs sont au nombre officiel de 80 000[4]. Ils sont historiquement répartis en trois types : les collectifs de jardins (de loin les plus nombreux), les collectifs de potagers, et les collectifs de datchas (chalet).

Chaque type de collectif permet et encourage la plantation d’arbres fruitiers et les cultures potagères. Ils se distinguent par l’importance qu’y occupe la fonction productive, laquelle rend pour partie compte des différences de statut social entre leurs occupants.

La loi imposait même un certain nombre de pommiers, poiriers, cerisiers, pruniers, framboisiers, groseilliers, ainsi qu’une surface minimum en fraisiers, et en potager !

Un plan d’utilisation d’une parcelle. L’aménagement des jardins faisait l’objet d’un encadrement strict. (Source : Revue Jardins auprès des Oussad’bas, Moscou, avril 1959, p. 13)

La majeure partie des parcelles ont une superficie de 600 m² (un rectangle de 20 mètres sur 30) et sont dénommées des « six-ares » en russe. Elles comportent généralement une « maison de jardin », ou datcha, qui a vocation à servir d’habitat temporaire ainsi qu’à entreposer le matériel de jardinage et le fruit des récoltes. La présence d’arbres fruitiers, de plantes potagères et de cultures d’ornement donne à l’ensemble une allure d’ilot de verdure variée.

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Datcha et son jardin luxuriant à Valdaï, dans l’oblast de Novgorod. Crédit photo : Jonas Bendiksen

Le climat continental de la Russie incite une majorité de datchniki à conserver un lieu de résidence principal et un emploi dans les centres urbains, et à n’occuper que temporairement leurs jardins pendant la saison productive – laquelle s’étend de mai à septembre. Ces dernières années, de plus en plus de Russes font le choix d’habiter à l’année leur six-ares, rendu plus confortable par certaines transformations récentes.

Remarquons que les collectifs de jardins russes n’offrent que très peu de points de comparaison avec les jardins ouvriers français, lesquels sont de dimensions très modestes (de l’ordre de 30 m²), ne permettent pas d’y séjourner, et sont historiquement réservés aux populations démunies[5].

Évolutions récentes des usages

Avec la relative stabilité politique et économique de la Russie de ces dernières années, le nombre de parcelles cultivées a diminué et une substitution progressive de la fonction agricole s’est opérée au profit de la simple villégiature. La plupart des familles qui en ont les moyens délaissent leurs cultures vivrières, bien qu’elles en conservent souvent une fraction par tradition familiale.[6]

epuis le début du printemps jusqu'aux premières gelées, des millions de Russes déménagent de leurs appartements à des chalets d’été. Photo: PhotoXPress

Du début du printemps jusqu’aux premières gelées, des millions de Russes investissent leurs chalets d’été. 
Crédit Photo: PhotoXPress

La hausse du niveau de vie et l’assouplissement des réglementations ont par ailleurs entraîné la densification des bâtis en dur au sein de certains collectifs. Cette mutation est souvent complétée par l’élargissement des parcelles par regroupement, l’installation du gaz et de l’électricité, et la consolidation des voies d’accès. Les jardins collectifs évoluent donc sensiblement vers le modèle de quartier pavillonnaire européen.[7]

Ces évolutions affectent inégalement les collectifs : sont davantage touchées les parcelles adjacentes aux villes les plus importantes. Ces dernières subissent en effet une pression immobilière et intéressent d’autant plus les promoteurs qu’elles disposent généralement déjà d’un accès à l’eau et au gaz. À l’inverse, dans certains collectifs de banlieues éloignées, des jardins sont délaissés par leurs propriétaires.[8]

Début 2019, le régime juridique encadrant les collectifs a été uniformisé pour tenter d’enrayer ces dérives[9]. Le droit de construire, en particulier, y est désormais uniformément encadré par les règlements d’urbanisme locaux.

En dépit des évolutions récentes observées ces dernières années, le jardinage urbain reste un héritage culturel et une tradition pour des dizaines de millions de russes.

Une organisation résiliente

Nous avons inventorié et décrit plusieurs critères de résilience des systèmes alimentaires. Comme nous allons le voir, les collectifs de jardins russes possèdent certains de ces attributs.

Diversité

En plus de contribuer significativement à la production agricole, les jardins jouent un rôle majeur dans la diversification du régime alimentaire des populations urbaines : ils leur donne accès à une alimentation riche en produits frais qu’elles ne pourraient pas toujours se procurer dans les circuits conventionnels, à cause de leur prix trop élevé.[10]

Les cultures sont nombreuses, avec comme invariants les pommes de terre, les tomates, les concombres et les poivrons ; et pour les fruits, essentiellement des baies et des arbres fruitiers. De nombreuses variétés sont couramment cultivées pour chaque type de plantation.[11] À ces cultures vivrières s’ajoutent des fleurs souvent annuelles.[12] Les jardins abritent donc une certaine biodiversité, qui diminue leur vulnérabilité face aux maladies, aux ravageurs ou aux conditions météorologiques défavorables.

Modularité

Les collectifs de jardins sont caractérisés par une grande indépendance de fonctionnement. La dimension modeste des parcelles et l’interdiction de commercialisation des produits qui en sont issus impliquent la séparation avec les filières de l’agro-industrie (semences, engrais, outillage) et les circuits de vente professionnels[13] : troc et autoconsommation sont les seules pratiques légales.

Les datchniki ne subissent pas les fluctuations des cours des produits agricoles. Leurs récoltes, peu ou pas transformées, ne dépendent d’aucune usine ou infrastructure nodale.

L’utilité de ce système parallèle, en particulier son indépendance vis à vis du système planifié par l’État, a été particulièrement visible lors du délitement du bloc communiste et du déclin de production des kolkhozes et sovkhozes. Un effondrement rapide de la production agro-industrielle et du pouvoir d’achat a alors frappé les Russes (les enseignants ont vus leurs revenus divisés par trois à cinq).[14]

D’importantes craintes concernant la survenue de ruptures d’approvisionnement et l’apparition de famines ont incité les Etats-Unis et l’Union Européenne à concevoir des programmes massifs d’aide alimentaire. Ces derniers ne furent pas nécessaires du fait de la relance de la production dans les jardins ! Boukharaeva et Marloie (2015)[15] décrivent ainsi la réaction de la population :

« Il a suffi aux familles de convertir en production alimentaire les espaces de jardins jusque-là occupés par des pelouses. Une étude du PNUD indique ainsi que 65 % des familles de la ville de Moscou étaient engagées dans le jardinage urbain en 1991 contre 20 en 1970. […] Au milieu des années 1990, ce jardinage urbain fournissait la majorité des pommes de terre, des fruits et légumes consommés par les citadins. La valeur de cette production se situait entre 20 et 30 % de la valeur totale de la production alimentaire de Russie. »

Cyclicité 

Ces dernières années, l’écologie constitue un nouveau moteur culturel chez les datchniki, qui souhaitent avoir des produits « naturels », et ont peu recours aux intrants chimiques (souvent dispendieux) et aux pesticides. D’après Robert-Bœuf (2017)[16], « les pratiques les plus courantes en matière d’intrants sont la fabrication d’engrais naturels et la récupération de déchets (provenant du jardin même ou du fumier vendu par des agriculteurs) pour la confection de composts. »

En l’absence de réseaux d’eaux usées, et en réponse aux exigences sanitaires attachées à une densité moyenne d’habitats, les toilettes sèches sont de plus en plus plébiscitées, bien que les fosses sceptiques restent majoritaires. Le recours aux toilettes sèches garantit un très bon recyclage des nutriments et diminue sensiblement la pression exercée sur l’environnement.

La récupération et le bricolage font partie des hobbies courants des datchniki.[17] Les constructions elles-mêmes engendrent peu de déchets. En dépit de la mutation à l’œuvre ces dernières années (cf. supra), la majeure partie du bâti conserve les caractéristiques des années 1970 : constructions en bois et chemin d’accès en terre qui n’imperméabilisent pas les sols.[18]

Ancrage local

La proximité immédiate de ces jardins avec le lieu de résidence des habitants constitue leur raison d’être. S’étant développés à une époque où l’usage de la voiture était rare voire inexistant, et le temps libre rare et recherché, les collectifs se situent suffisamment proches des centre-villes pour pouvoir s’y rendre à pied ou en transports en commun (moyen de transport quasi-exclusif des urbains jusque dans les années 1980).

L’interdiction de commercialisation des récoltes garantie une consommation exclusivement locale. Dans la ville rurale de Kazan (1,2 millions d’habitants), la plupart des datchniki interrogés arrivent à nourrir leur famille grâce à leur jardin, au moins pendant la période estivale, voire pendant toute l’année pour certaines productions comme les pommes de terre.[19] Ces dernières font en effet partie des légumes les plus cultivés, les statistiques agricoles indiquant que près de 80 %[20] des pommes de terre de la région de Kazan sont produites sur ces parcelles.

Implication collective

Si le cas de la Russie est exceptionnel pour un pays fortement industrialisé, il faut garder à l’esprit que la participation des urbains à la production alimentaire reste très répandue dans les pays du Sud. Une étude récente de la FAO[21]  estime par exemple qu’au Vietnam, plus des deux tiers des ménages urbains pratiquent l’agriculture ou l’élevage ; une proportion similaire a été estimée au Nicaragua. Il s’agit alors généralement d’une agriculture d’autosubsistance réalisée dans les interstices du tissu urbain, qui occupe une place importante dans les stratégies de survie des ménages[22].

Les collectifs de jardins russes se sont développés avec une visée similaire : il s’agissait avant tout de la réponse pragmatique et efficace de millions de Russes aux pénuries et disettes. Le jardinage urbain comportait une dimension militante : les parcelles octroyaient aux Russes un minimum d’indépendance. « Cultiver un six-ares » est resté un principe populaire renvoyant à l’idée d’autonomie et de liberté.

Comme nous l’avons vu, cette autonomie n’entre pas en contradiction avec l’objectif d’implication collective dans la production alimentaire. Au contraire, elle induit une responsabilisation des foyers, leur permettant de s’émanciper d’un système alimentaire centralisé et bureaucratique.

Un modèle à répliquer ?

En France, 57% des ménages ont pour résidence principale une maison[23], dont l’espace attenant a une surface médiane de 600m².[24] Il existe donc déjà un potentiel de mise en culture important des terrains des particuliers.

Pour doter l’ensemble des foyers qui ne disposent pas de jardin[25] d’une parcelle de six ares à cultiver, il faudrait disposer d’environ 18 000 km² de terres arables à proximité des centres urbains, soit environ 6% de la surface agricole utile française[26], soit encore l’équivalent de la moitié des sols artificialisés actuels[27].

Cela peut paraître beaucoup, mais il faut considérer que :

  • les collectifs de jardins n’artificialisent pas les sols (les voies d’accès doivent rester perméables, et les cabanes démontables) et peuvent abriter une biodiversité importante (bien davantage qu’une parcelle en monoculture), notamment si la taille des parcelles permet la plantation d’arbres[28] ;
  • dans la perspective d’un arrêt indispensable de l’étalement urbain, la conversion des friches, des délaissés et d’une partie des terres agricoles périurbaines en collectifs de jardins occasionnerait une valorisation relative des terres, facilitant leur cession et sécurisant le foncier.
  • le jardinage à grande échelle offre d’autres bénéfices sociétaux que la seule production alimentaire.

Ce dernier point est particulièrement visible en Russie, où on note que les collectifs[29]:

  • réduisent la dépendance des foyers modestes vis-à-vis de l’assistance sociale ;
  • contribuent à la réinsertion des personnes en difficulté ;
  • fortifient le lien social ;
  • améliorent la santé et augmentent l’espérance de vie de leurs adeptes ;
  • fournissent un lieu de loisir et de remise en forme abordable pour la majorité[30];
  • permettent de faire face aux vagues de chaleur de l’été continental, en minimisant l’effet d’îlot de chaleur urbain et en offrant un lieu de vie adapté à la saison chaude.

Le modèle pavillonnaire, principal mode de croissance urbain en France depuis les années 1970, est insoutenable à tous points de vue[31] mais répond indéniablement à la demande d’une partie de la population française. Les collectifs de jardins offrent une réponse crédible à ces aspirations individuelles, sans entraîner d’externalités préjudiciables à l’intérêt commun.

Notes et références

  1. Les estimations, qui sont rendues difficiles par l’absence de statut juridique clair, varient, suivant les auteurs, de 45 à 67 millions. Le chiffre de 60 millions est indiqué : https://versia.ru/obshhaya-ploshhad-dachnyx-uchastkov-v-rossii-sostavlyaet-desyat-territorij-moskvy

  2. Marloie M., Boukharaeva, L., 2011, « Des sols agricoles au service de la résilience urbaine : réflexions à partir du cas de la Russie », Espaces et sociétés, n° 147, p. 135-153.

  3. Marloie M., Boukharaeva, L., op. cit.

  4. Les spécialistes notent qu’il est difficile d’évaluer précisément ce nombre, en l’absence de recensement officiel et compte tenu de l’évolution constante de ce nombre. Estimation fournie par : Marloie M., Boukharaeva, L., op. cit.

  5. Guyon, F. (2008), Les jardins familiaux aujourd’hui : des espaces socialement modulés, Espaces et sociétés 2008/3 (n° 134), p. 131-147

  6. Robert-Bœuf, C. (2014), Les jardins collectifs à Kazan : une agriculture familiale entre espace productif et espace résidentiel. POUR 2014/4 (N° 224), p. 101-109

  7. Robert-Boeuf, C. (2017), « Cultiver la ville en Russie », Géographie et cultures, 101, pp. 17-34.

  8. Traduit depuis le site d’information russe : https://rg.ru/2017/04/26/kakie-izmeneniia-zhdut-vladelcev-dachnyh-uchastkov.html

  9. Une nouvelle loi fédérale du 29 juillet 2017 n ° 217-З intitulée «Maintien par les citoyens du jardinage et du jardinage pour leurs propres besoins et modifiant certains actes législatifs de la Fédération de Russie» est entrée en vigueur au 1er janvier 2019.

  10. Ortar N. (2005), Les multiples usages de la datcha des jardins collectifs. Anthropologie et sociétés, 2005, vol. 29 n°2, pp. 169-185

  11. Ortar N., op. cit.

  12. http://krizis-kopilka.ru/archives/2239

  13. Cette indépendance n’est bien sûr pas parfaite. En ce qui concerne les semences, Robert-Bœuf C., op. cit., note que « peu de jardiniers font aujourd’hui leurs semences, préférant, du fait de leur prix relativement modique, les acheter dans des enseignes spécialisées ou dans des supermarchés ».

  14. Marloie M., Boukharaeva, L., op. cit.

  15. Marloie M., Boukharaeva, L., op. cit.

  16. Robert-Boeuf, C. (2017), op. cit.

  17. Ortar N., op. cit.

  18. Marloie M., Boukharaeva, L., op. cit.

  19. Robert-Boeuf, C. (2017), op. cit.

  20. Données statistiques du ministère de l’Agriculture du Tatarstan de 2012.

  21. FAO (2014), L’agriculture urbaine, http://www.fao.org/urban-agriculture/fr

  22. Zezza, A. et L. Tasciotti (2010), «Urban agriculture, poverty, and food security: Empirical evidence from a sample of developing countries». Food Policy, vol.35, p. 265-273.

  23. INSEE (2018) https://www.insee.fr/fr/statistiques/2412780

  24. INSEE (2006) https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281267

  25. En l’absence de données plus précises concernant la surface des espaces attenants aux maisons individuelles et leur utilisation (ces derniers peuvent être imperméabilisés, servir de parking ou de terrasse), nous considérons arbitrairement qu’une moitié des jardins de surface inférieure à 600m2 ne se prête pas à une production maraîchère significative. Il reste alors environ 60% des 30 millions de ménages français à « équiper ».

  26. La SAU française représente 29 millions d’hectares, soit 290 000 km2, d’après INSEE, Agreste.

  27. Les sols artificialisés, c’est à dire revêtus, bâtis ou rendus impropres à la culture représentent 3,4 millions d’hectares, d’après INSEE, Agreste.

  28. La plupart des « jardins-ouvriers » français interdisent la plantation d’arbres, et ont des dimensions trop restreintes pour les accueillir.

  29. Marloie M., Boukharaeva, L., op. cit.

  30. Les propriétaires de datchas y passent presque tous leurs week-ends, du printemps à l’automne, et beaucoup y passent la totalité de leurs vacances : http://krizis-kopilka.ru/archives/2239

  31. Dias D., Langumier J., Démangé D. (2008) Mutabilité du périurbain. Le modèle pavillonnaire face aux crises énergétique et environnementale. Les Annales de la Recherche Urbaine Année 2008 104 pp. 149-156

3 commentaires sur “Les collectifs de jardins russes : une organisation résiliente”

  1. Un modèle à répliquer ?
    OUI OUI OUI et OUI et encore OUI !!
    Il faut revenir a une agriculture familiale, on ne doit plus compter sur d’autres pour nous nourrir. c’était un trop grosse charge, ils ont été obligé de mettre en oeuvre des moyens délétères pour réussir a nous contenter.
    Ça n’excuse pas tout bien sur, mais ce fut l’impulsion qui a conduit au désastre actuel, alimenté par le lucre bien sur…
    Ça ne dit pas non plus que l’on doive s’en passer totalement, mais il faut ramener de la diversité là aussi.

    Quand on fait pousser soi même son repas, on comprends mieux pourquoi on ne peut pas avoir tout le temps des légumes beaux, juteux et toute l’année y compris dès les 1ers rayons de soleil de mars ! Dans notre jardin, une tomate qui s’abîme est précieuse. Dans notre jardin y’a pas de fraises en Mars et pour l’hiver il faut être prévoyant…

    On conserve ainsi des savoirs et des savoirs faire et l’on mesure mieux notre place réelle dans le vivant.

  2. Bonsoir,
    Conceptuellement, je trouve l’idée très intéressante pour être développée en France.
    Cependant, j’ai du mal à “penser” sa mise en oeuvre pratique, même si vous proposez quelques pistes de réflexion à la fin de votre article.
    A la campagne où les parcelles des maisons individuelles permettraient d’envisager le développement de ce type de pratiques, la tendance est à la densification résidentielle. Certes, en l’absence de pression foncière forte, la taille de ces parcelles ne devraient pas se réduire de si tôt, mais, dans un temps plus long, cette tendance à la densification ne pourrait-elle pas constituer un frein à l’émergence d’un modèle agricole laissant plus de place au “local” ? Par ailleurs, quels moyens opérationnels les collectivités pourraient-elles mobiliser pour inciter les particuliers à développer ces pratiques ?
    Enfin, en dehors des espaces ruraux ou périurbains de villes à taille humaine, j’ai du mal à comprendre comment massifier de telles pratiques. En effet, dans les zones denses des métropoles, le foncier se fait de plus en plus rare et les pratiques urbanistiques militent justement pour plus de densité résidentielle à l’ha. Certes, certaines évolutions en matière d’urbanisme (de planification et opérationnel) favorisent l’essor d’une agriculture locale (éco-quartier par exemple). Néanmoins ces pratiques restent de niche et ne me semblent pas faire le poids face aux enjeux résultant d’une forte pression foncière dans les territoires attractifs…
    Merci de vos réponses et félicitations pour ce beau projet.

    1. Bonjour,

      Merci pour votre commentaire !
      La densification ne me semble pas être un réel obstacle au développement des jardins partagés. En Russie, les collectifs de jardins jouxtent souvent d’immenses barres de logement. En revanche, l’étalement urbain, qui éloigne les terres arables des centre habités, et rend leur accès compliqué sans voiture, me semble bien plus problématique.
      Comme le montre l’exemple russe, la massification de ce type de pratiques semble davantage reposer sur l’état de nécessité et le besoin de sécurité, que sur l’aspiration à un mode de vie plus sain ou écologique : https://www.monde-diplomatique.fr/2019/08/TRONTIN/60132
      Les millions de pavillons construits en France ces dernières années, à défaut d’être résilients face à la raréfaction des énergies fossiles (dépendance souvent totale à la voiture pour accéder aux services de base, isolation souvent médiocre), offrent une réelle opportunité pour développer la production alimentaire décentralisée ! Une collectivité peut aider au développement de ces pratiques en sensibilisant la population aux bénéfices en termes de souveraineté alimentaire, de santé publique, de liens entre habitants… et en donnant l’accès à des jardins partagés (de dimensions plus grandes que nos jardins ouvriers) aux habitants qui n’ont pas accès à la terre !

      Bien à vous,

      Arthur Grimonpont

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