Covid-19 : Qui veille au grain pour demain ? Les propositions.

Photographie : © Thibault Lorin
 
Dans un premier article, nous avons présenté certaines conséquences prévisibles – et en partie déjà observables – de la crise sanitaire et économique sur la sécurité alimentaire. Nous élargissions alors le cadre d’analyse pour considérer un ensemble de « menaces globales ». Nous concluions sur la nécessité de mettre en place des réponses d’urgence, mais aussi d’engager des transformations profondes du système alimentaire dès la sortie de crise. L’objet du présent texte est d’en préciser la nature.
 
Nous détaillerons ces propositions par ordre de « degré d’urgence ». Nous ne prétendons pas définir la liste exhaustive des mesures à prendre dans un tel contexte. Nous relayons et synthétisons ici quelques recommandations issues d’institutions et d’organisations représentatives de la société civile, afin de participer à l’orientation des politiques agricoles et alimentaires à venir. La plupart des mesures décrites relèvent de l’action étatique ou collective, mais certaines peuvent être mises en œuvre à l’échelle individuelle.
 

À l’échelle mondiale, la priorité est d’empêcher à très court terme une crise alimentaire majeure et des famines dans les pays les plus gravement fragilisés par la pandémie et ses conséquences économiques. En France, comme dans d’autres pays industrialisés, il s’agit à court terme d’empêcher l’explosion de la précarité alimentaire et les faillites d’agriculteurs, tout en se préparant collectivement à gérer de possibles ruptures dans les chaînes d’approvisionnement. Enfin, des actions ambitieuses menées dès la sortie de cette « première vague » épidémique doivent permettre de renforcer la résilience du système alimentaire.

1. Dès aujourd’hui : éviter une « pandémie de la faim »

Sur Terre, la production alimentaire est inégalement répartie. Les régions du monde déjà défavorisées pourraient connaître de très graves famines dans les mois qui viennent. Cette catastrophe peut et doit être évitée.

Une crise alimentaire potentiellement plus meurtrière que la crise sanitaire

Plusieurs institutions ont réaffirmé leurs craintes concernant la possible explosion de la faim dans le monde comme conséquence indirecte de l’épidémie de Covid-19.

Selon Arif Husain, économiste en chef du Programme Alimentaire Mondial (le PAM, agence des Nations Unies en charge de la lutte contre la faim) : « Le scénario dans les pays pauvres est trop macabre pour être compris. […] Les gens perdent leurs moyens de subsistance et leurs revenus et, dans le même temps, les chaînes d’approvisionnement sont perturbées. Ce double effet accroît à la fois l’ampleur et la gravité de la faim dans le monde. »

En conséquence, le PAM estime que 265 millions de personnes risquent d’être confrontées à une crise alimentaire aiguë – soit le double des estimations précédant l’émergence du Covid-19.

Selon le directeur exécutif du PAM, David Beasley : « Si nous ne pouvons pas apporter à ces gens l’aide humanitaire d’urgence dont ils ont besoin, notre analyse montre que 300 000 personnes pourraient mourir de faim chaque jour sur une période de trois mois. » A titre comparatif, le nombre maximal de décès quotidiens imputés au Covid depuis le début de la crise sanitaire est de 11 000 à l’échelle mondiale. Même en admettant une probable sous-estimation de ce dernier chiffre, les conséquences de la pandémie sur la faim dans le monde risquent d’être bien plus dévastatrices que son impact sanitaire direct. De plus, contrairement au virus, dont l’âge médian des victimes dépasse 80 ans, la faim touche très gravement les enfants en bas âge. Lorsqu’ils en réchappent, des séquelles les poursuivent tout au long de leur vie.

Un bilan qui relèvera avant tout de choix politiques

Pour autant, David Beasley rappelle « qu’aucune de ces morts n’est inévitable ». Le fait que plusieurs dizaines de millions de personnes meurent de faim ou non en 2020 relèvera de choix politiques délibérés – comme cela a généralement été la règle depuis plus de cinquante ans.

La production agricole, bien que amplement suffisante à l’échelle mondiale, n’est pas répartie selon les besoins alimentaires. À la bourse de Chicago, l’offre ne vient pas rencontrer les besoins vitaux, mais la demande solvable. Il existe un écart considérable entre la vocation économique du système alimentaire mondialisé et sa fonction nourricière. C’est ainsi que le surpoids et l’obésité font aujourd’hui plus de morts que la sous-alimentation, et qu’une fraction des pertes et gaspillage alimentaires suffirait à nourrir les 842 millions de personnes sous-alimentées.

Les pays qui combinent une forte dépendance alimentaire et un revenu intérieur principalement fondé sur l’exportation d’une seule matière première (pétrole, minerai, soja, etc.) sont les plus vulnérables face à la hausse des cours agricoles[1]. Cette situation concerne une large partie du continent africain et du Moyen-Orient (Égypte, Algérie), ainsi que plusieurs pays d’Amérique latine et d’Asie (Mexique, Indonésie). L’arrêt de l’économie et la perte de revenus rend déjà impossible l’accès à la nourriture pour tout un pan de la population des pays du Sud (voir par exemple en Thaïlande ou en Inde).

Sans une coopération immédiate des grandes régions exportatrices – dont l’Amérique du Nord, la Russie, l’Europe centrale ou encore la France – les récoltes ne seront pas accessibles aux pays en difficulté économique, ni aux programmes d’aide humanitaire. Pourtant, les actions à entreprendre sont nettement moins contraignantes que celles mises en œuvre par les pays riches pour contenir la crise économique. Il s’agit de maintenir les exportations de céréales vers les zones sous tension, d’encadrer la hausse des prix en limitant la spéculation, et, lorsque nécessaire, d’aider financièrement les États importateurs. À cet égard, le choix de la Russie de suspendre ses exportations de céréales, ou celui de la France de fournir des pays ayant déjà des stocks très importants comme la Chine, ne vont pas dans le sens d’une sauvegarde de la sécurité alimentaire globale.

Navire vraquier Orient Trader, stationné au terminal céréalier du port de Dunkerque en 2011. Le premier ministre Libanais Hassan Diab craint une crise alimentaire sévère et en appelle aux États-Unis et à l’Europe pour ne pas restreindre leurs exportations agricoles. Le Liban importe plus de la moitié de la nourriture qu’il consomme. © JL Burnod – Happyday

D’un point de vue financier, les responsables du PAM estiment que 20 milliards de dollars pourraient suffire à éviter le doublement de la famine dans le monde. Cela représente moins de 1 % de l’argent débloqué à ce jour dans le cadre des plans d’aide des États-Unis, de l’Union Européenne et de la Chine (respectivement 2 300, 580 et 370 milliards de dollars). La dette publique des États touchés par l’insécurité alimentaire est également un obstacle à l’importation de nourriture, c’est pourquoi plusieurs organismes (IPES FOOD, CNUCED) plaident pour son allégement ou son annulation. Au total, la dette extérieure des pays en situation d’insécurité alimentaire s’élève à environ 600 milliards de dollars[2].

Au delà de la crise, les racines du problème

Ces mesures d’aide aujourd’hui indispensables rappellent la situation de dépendance structurelle dans laquelle se trouvent certains pays. Cette situation est largement liée à la concurrence inégale qui caractérise le système alimentaire mondialisé.

L’agronome Marc Dufumier illustre cet état de fait d’un exemple concret :

« Les pays du Sud sont dans une compétition totalement inégale, une course entre un coureur à pied et un pilote de Formule 1 et où celui qui est subventionné, c’est le pilote ! Prenons un paysan de Casamance (Sénégal), qui repique du riz à la main […] et un agriculteur de Camargue qui plante du riz avec son tracteur. Vous avez un rapport de [productivité de] 1 à 200 entre ces deux agriculteurs. À Dakar, le paysan essaye de vendre sur le marché le peu de riz qui lui reste pour acheter des produits de première nécessité. Sur ce marché, son riz est en concurrence avec les autres riz (chinois, thaïlandais, vietnamien…) qui, tous, se vendent au même prix. Or, dans le sac de riz de Casamance, il y a 200 fois plus de travail que dans celui de Camargue. »

Évolution de la productivité du travail agricole : dans les pays industrialisés, la productivité est passée de 10 à 2 000 tonnes par unité de travail annuel en seulement 50 ans. À l’échelle mondiale, les exploitations de moins de 1 hectare représentent 72 % de toutes les exploitations mais ne couvrent que 8 % de la superficie totale des terres agricoles. Inversement, seules 1 % des exploitations font plus de 50 hectares mais s’adjugent 65 % des terres agricoles mondiales[3]. La mise en concurrence de systèmes agricoles aux productivités très disparates, permise par les politiques de libre-échange du commerce international, est à l’origine d’un accroissement considérable des inégalités alimentaires entre les pays. Figure adaptée de Mazoyer et Roudart (1997), Histoire des agricultures du monde.

Les subventions de la PAC (politique agricole commune) à destination des agriculteurs européens sont principalement attribuées en proportion de la surface cultivée ou de la taille des cheptels. Ce mécanisme est une incitation directe à agrandir les exploitations et à spécialiser les systèmes de production, pour accroître en permanence la productivité par travailleur. Contraints d’aligner leurs prix sur les produits importés bon marché issus de ces systèmes agricoles intensifs, un grand nombre de paysans ont dû abandonner leurs terres et rejoindre les villes pour survivre. Cet exode rural est encore à l’oeuvre et a pour conséquence une perte de souveraineté alimentaire sans précédent pour ces pays.

L’aide alimentaire d’urgence décrite ci-dessus est une réponse palliative à un problème de fond aggravé par la crise en cours. Elle ne peut se substituer à une redéfinition des règles commerciales, à une réforme des politiques de subventions, et au développement de systèmes alimentaires locaux, résilients et soutenables.

2. À court terme : anticiper et endiguer les conséquences de la récession économique

La crise économique qui s’amorce et le risque de nouvelles vagues épidémiques nécessitent de se préparer collectivement à amortir les chocs. Nous détaillons dans cette partie les perturbations attendues dans trois volets du système alimentaire et les moyens d’y répondre. Tout d’abord du côté du maillon productif, puis de l’approvisionnement, et enfin des consommateurs.

2.1 Capacités de production

Soutenir les agriculteurs

Avec la perte de débouchés, la chute des cours ou les difficultés à trouver de la main d’œuvre, de nombreuses fermes vont connaître de graves difficultés économiques dans les mois à venir. Les entreprises agricoles peuvent bénéficier des aides de l’État, notamment du fonds de solidarité ou du report des échéances bancaires. Toutefois certains modèles d’exploitations vulnérables pourraient malgré tout faire faillite. Ce risque concerne par exemple certains éleveurs laitiers dont le modèle économique fondé sur l’achats d’aliments concentrés et la production de gros volumes est très fragilisé par la chute des prix du lait, ou de grandes exploitations maraîchères ayant d’importants besoins en main-d’œuvre saisonnière. Cela viendrait accélérer le déclin en cours du nombre d’actifs agricoles, et la concentration économique des exploitations.

Nous pourrions nous inspirer des actions menées par l’association Terre de Liens pour mettre en place un système de sauvetage d’urgence des fermes en difficulté. Il s’agirait de proposer aux agriculteurs le rachat par la société d’une partie du capital de la ferme (matériel, bâtiment, foncier) afin de renflouer leur trésorerie et de les libérer de leurs dettes. Les biens ainsi vendus deviendraient des « communs » dont l’agriculteur conserverait le droit d’usage. Ce type de rachat pourrait être financé par un fonds national géré par l’État ou délégué aux collectivités territoriales, par des groupements et des coopératives d’habitants, ou encore par des organismes d’épargne citoyenne solidaire (comme Terre de Liens).

En 2010, confrontée à des difficultés économiques, la ferme Les Paluns a choisi de vendre une partie de ses terres à Terre de Liens. L’exploitation en arboriculture a ainsi pu éponger ses dettes, entamer sa conversion vers l’agriculture biologique, et mieux valoriser ses productions.

Ces mesures de soutien resteraient basées sur la libre décision des agriculteurs. Elles permettraient de briser le cercle de l’endettement et de l’investissement caractéristique du modèle productiviste, qui constitue souvent un obstacle important dans la transition vers d’autres modèles agricoles. Cela reviendrait ainsi à proposer aux agriculteurs qui le désirent un « nouveau départ » et garantir la sécurité économique de leur transition agroécologique.

Démocratiser les potagers

Historiquement, la mise en culture de jardins, de parcs ou de friches urbaines par les particuliers a démontré son efficacité pour garantir l’accès du plus grand nombre à une alimentation diversifiée, et participer à la sécurité alimentaire en cas de tensions d’approvisionnement.

La Russie offre un exemple à grande échelle d’implication des particuliers dans la production agricole du pays. En plus de contribuer significativement à l’offre alimentaire, ce circuit parallèle confère au système alimentaire russe une certaine résilience, dont l’Histoire moderne a permis d’éprouver l’efficacité : lors de l’effondrement du bloc soviétique, la production issue des jardins a atteint entre 20 et 30 % de l’offre alimentaire du pays.

Vue aérienne typique d’un collectif de jardins, ici en périphérie ouest de Iaroslav, Russie. La vue représente un rectangle d’environ 1,5 km sur 1 km. Chaque parcelle mesure 40 m sur 20 m, soit une surface de 8 ares. © Google maps.

De même, l’exemple des jardins de la victoire montre que l’implication de la population peut être très rapide et efficace. Ce mouvement de production citoyenne de nourriture débuté aux États-Unis en 1943 a pris une telle ampleur qu’à la fin de la guerre, plus de 20 millions de jardins fournissaient 40 % des produits végétaux consommés par les Américains[4].

En France, près de six ménages sur dix ont pour résidence principale une maison[5], dont l’espace attenant a une surface médiane de 600 m² [6]. Il existe donc un potentiel de mise en culture important des terrains privatifs. Les friches urbaines et autres terrains délaissés peuvent quant à eux accueillir de nombreux jardins collectifs. Plusieurs expériences de cultures sur petites surfaces ont montré que des parcelles de moins de 100 m2 pouvaient produire plusieurs centaines de kilos de fruits et légumes.

Les collectivités peuvent faciliter l’accès des habitants à la terre, à l’image de la commune de Dompierre-sur-Yon (Vendée) qui vient d’allouer 5 000 m2 à un projet d’autonomie alimentaire citoyen. Un article du code rural permet en outre la mise en culture de terres en friche, en obligeant leurs propriétaires à les louer à des exploitants. Les communes peuvent s’en saisir, à l’instar du maire de Moëlan-sur-Mer (Finistère), pour installer des zones de cultures maraîchères à proximité des lieux de vie. Les collectivités peuvent aider à mutualiser le matériel de culture et à partager les semences par des achats groupés et la fourniture de locaux.

2.2 Accessibilité physique

Pérenniser les circuits de proximité nés de la crise

Le confinement a notamment eu comme effet une très forte augmentation de la demande envers les circuits de proximité (produits locaux, intermédiaires peu nombreux). Portées par des agriculteurs, des citoyens, ou des acteurs publics (collectivités territoriales, chambres d’agriculture), de nombreuses initiatives ont vu le jour à cette occasion pour réorganiser les réseaux de distribution, et mettre en relation les producteurs et les consommateurs.

Avec l’irruption de la crise sanitaire, la région Bretagne a mis en place une plate-forme numérique permettant de mettre en relation les producteurs et les consommateur du territoire. © Région Bretagne

Pour autant, les impacts économiques de la crise touchent également les circuits de proximité. La reconnaissance par les pouvoirs publics de leur importance et un soutien durable seront vraisemblablement nécessaires pour que ces initiatives perdurent au-delà du confinement. Ces réseaux de proximité constituent a priori un facteur de résilience : ils réduisent la dépendance aux transports longue distance et augmentent la réactivité des acteurs en cas de perturbation.

Stocker le nécessaire

Jusqu’à une époque récente, constituer et entretenir des réserves de nourriture était une précaution élémentaire pour les ménages et les pouvoirs publics. Ce n’est que très récemment que notre rapport au garde-manger s’est transformé : les livraisons en flux tendu et les rayons toujours bien garnis des supermarchés donnent l’illusion de stocks abondants. Toutefois, l’Union européenne a en réserve l’équivalent de seulement 12 % de sa consommation annuelle de céréales – soit 43 jours. La marge de manoeuvre est donc très faible en cas de mauvaise récolte. Quant aux provisions des particuliers, elles n’ont probablement jamais été aussi maigres.

Le Grenier d’Abondance de Lyon est un ancien grenier à grains construit au début du XVIIIe siècle. Ses dimensions permettaient de stocker la consommation annuelle de la ville de Lyon (120 000 personnes à l’époque), soit plus de 16 000 tonnes de grains sur trois niveaux. À Lyon comme dans d’autres villes, ces greniers visaient à réguler les prix du blé pour éviter des disettes et autres troubles. La vocation du bâtiment a changé à plusieurs reprises ; il abrite aujourd’hui la direction régionale des affaires culturelles. © Ministère de la Culture

Si la constitution préventive de réserves domestiques est un comportement rationnel, elle participe à l’aggravation des ruptures de stock lorsqu’elle est massive et soudaine. Il convient donc d’anticiper le phénomène. Plusieurs gouvernements comme ceux de la Suède ou de l’Allemagne avaient déjà enjoint leur population à faire des réserves de nourriture au cas où une crise devait survenir. Il s’agit là d’une mesure simple permettant d’amortir efficacement des perturbations ponctuelles. Étant donné la situation actuelle et les tensions déjà observées sur les chaînes d’approvisionnement, la constitution de réserves doit se faire avec discernement : pour éviter les ruptures de stock, mieux vaut privilégier l’achat de denrées de longue conservation visiblement bien approvisionnées, et se fournir auprès d’artisans ou d’entreprises locales qui voient leurs débouchés perturbés[7].

Il serait souhaitable que nous gardions l’habitude d’entretenir des réserves alimentaires pour au moins quinze jours. Les collectivités territoriales peuvent aussi jouer un rôle dans la gestion de réserves communes. Elles peuvent commencer par établir un diagnostic des capacités de stockage et de transformation sur le territoire (coopératives, silos, etc.).

2.3 Accessibilité économique

Réduire la précarité alimentaire

La récession économique et le chômage dégradent les situations des plus précaires, et risquent de plonger une part croissante de la population dans une pauvreté compromettant son accès à une alimentation suffisante et diversifiée. Comme dans d’autres pays riches (États-Unis, Suisse, Espagne, Chili), les files d’attente pour accéder à l’aide alimentaire se multiplient dans les grandes villes françaises et surpassent les capacités des associations.

Avant l’épidémie de Covid-19, près de cinq millions de personnes dépendaient déjà de l’aide alimentaire institutionnalisée en France, et près de neuf millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté avec des revenus inférieurs à 1 000 euros par mois. Avec la crise, ce chiffre risque fort d’exploser : de nombreuses personnes voient en effet leurs revenus chuter malgré les mesures prises par le gouvernement. Dans certains territoires, le risque d’émeutes de la faim est même évoqué[8].

À San Antonio (Texas), la banque alimentaire locale a créé ces sites de distribution de masse pour aider plus de 2 000 ménages, ici le 17 avril 2020. Le site est ouvert pendant quatre heures et plus de 400 bénévoles de diverses organisations, militaires et résidents individuels y travaillent. Chaque ménage a reçu environ 70 kilogrammes de nourriture. Domaine Public.

Les États ont une responsabilité de premier ordre pour limiter ces phénomènes. Plusieurs mesures économiques peuvent être activées pour éviter que la situation ne s’aggrave davantage, entre autres :

  • revoir à la hausse les aides accordées aux ménages les plus pauvres[9] ;
  • exonérer les foyers vulnérables de leurs charges et suspendre leurs échéances de crédits ;
  • mettre en place une caisse publique de compensation des loyers en charge de leur versement auprès des bailleurs et à même de discriminer selon les cas et les niveaux de richesse ;
  • soutenir toutes les initiatives d’entraide et réseaux de solidarité existants.


La solidarité collective s’organise aussi spontanément.
De nombreux réseaux d’entraide, associatifs ou informels, préexistaient à la crise du Covid-19 et de nouveaux ont vu le jour depuis. Leurs actions sont indispensables en complément de celles du gouvernement ou des collectivités qui montrent de sérieuses limites pour faire face à la précarité alimentaire qui s’abat sur certains quartiers. La capacité de ces collectifs à tenir sur la durée pourrait être rendue difficile par l’augmentation des besoins et l’épuisement des bénévoles. Le soutien institutionnel et citoyen envers ces initiatives sera alors un facteur important pour contenir la précarité alimentaire.

Faire face aux éventuelles pénuries et à leurs conséquences sociales

Si la survenue de défauts d’approvisionnement généralisés reste peu probable, le risque que des pénuries s’installent localement et durablement sur certains produits de base ne peut être exclu. Elles ne représentent pas en tant que telles des menaces vitales mais peuvent conduire à une forte augmentation des prix, et à un renforcement des inégalités pour accéder à une alimentation convenable.

En cas de tensions sur l’approvisionnement, le rationnement est une solution éprouvée pour garantir à chacun un accès à des produits alimentaires de base. C’est une mesure égalitaire qui prend en compte les besoins nutritionnels élémentaires. Rappelons que des experts en politiques alimentaires l’avaient recommandé au gouvernement britannique dès le début de la crise.

Un partage équitable des ressources ne s’improvise pas : il doit avoir été pensé en amont et la population doit y avoir été sensibilisée. Le rationnement fait partie des mesures envisagées par le gouvernement dans le cas d’une rupture des chaînes alimentaires (voir “Envoyé spécial, comment nourrir les Français”, à partir de 18’00”). Cependant, la population n’y est pas préparée, le message de l’État se voulant avant tout rassurant : « il n’y aura pas de pénurie ». Dans un climat où la confiance envers le gouvernement est affaiblie par les problèmes rencontrés lors de la gestion de la crise sanitaire, la clarté et la cohérence du discours des autorités seront cruciales pour limiter les achats dits « de panique », qui créent eux-mêmes les ruptures de stock, et pour faire accepter le principe du rationnement si nécessaire.

En cas de pénurie locale, les communes et les intercommunalités doivent pouvoir réagir rapidement. Leur responsabilité sera importante pour garantir l’approvisionnement correct de la population. La pandémie est l’occasion de sensibiliser les citoyens et les collectivités à l’importance d’anticiper l’approvisionnement alimentaire et à l’existence de ces plans d’actions en cas de crise. Les mesures prévues en cas de rupture des chaînes alimentaires peuvent à cette occasion être inscrites dans le DICRIM (Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs), comme le propose l’association SOS Maires.

3. Pour la sortie de crise : renforcer la résilience de notre système alimentaire

Comme détaillé dans notre précédent article, les menaces qui pèsent sur notre système alimentaire ne se limitent pas aux conséquences de la pandémie. Changement climatique, effondrement de la biodiversité et épuisement des ressources minières et énergétiques : chacune de ces crises globales suffira à elle seule à ébranler de fond en comble le fonctionnement actuel de notre système alimentaire.

Les conditions ayant permis au modèle agro-industriel dominant de prospérer sont de fait compromises à brève échéance. La crise actuelle est l’occasion ou jamais d’engager une transformation profonde de notre système alimentaire.

3.1 Faire de la résilience alimentaire une politique structurante des territoires

Dans son rapport Vers la Résilience Alimentaire, l’association Les Greniers d’Abondance détaille le rôle que peuvent jouer les collectivités territoriales – en particulier les intercommunalités – dans la mise en place de systèmes alimentaires résilients à l’échelle locale. Ces acteurs ont en effet des compétences pour agir sur de nombreux éléments du système alimentaire : aménagement du territoire, développement économique et agricole, restauration collective, action sociale, gestion de l’eau, gestion des déchets. Les intercommunalités ont une fine connaissance des acteurs et des enjeux spécifiques du territoire : elles peuvent jouer le rôle de chefs d’orchestre pour la mise en œuvre de politiques de résilience alimentaire.

Dans le rapport mentionné, onze voies de résilience sont présentées pour faire face à la diversité des menaces qui pèsent sur notre système alimentaire. Nous les rappelons ici succinctement et renvoyons à la lecture de l’ouvrage pour mieux comprendre les enjeux associés et les leviers à disposition des collectivités.

  1. Augmenter la population agricole.
  2. Préserver les terres agricoles.
  3. Favoriser l’autonomie technique et énergétique des fermes.
  4. Diversifier les variétés cultivées et développer l’autonomie en semences.
  5. Adopter une gestion intégrée de la ressource en eau.
  6. Évoluer vers une agriculture nourricière.
  7. Généraliser l’agroécologie.
  8. Développer des outils locaux de stockage et de transformation.
  9. Simplifier et raccourcir la logistique et l’achat alimentaire.
  10. Manger plus végétal.
  11. Recycler massivement les nutriments.

Des politiques territoriales ambitieuses en matière de résilience alimentaire nécessitent un cadre réglementaire et des moyens adaptés. À l’instar des plans climat-air-énergie territoriaux, l’État pourrait inscrire explicitement la résilience alimentaire à l’agenda politique des territoires, fixer des objectifs et donner aux collectivités les moyens de les atteindre.

Le dernier appel à projets du Programme National pour l’Alimentation est doté d’un budget de deux millions d’euros, soit environ le coût de construction d’une route neuve de quatre kilomètres. Les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), qui dépendent de cette enveloppe, ont par conséquent des moyens très limités au regard de leurs objectifs ambitieux. Il est selon nous indispensable de flécher une partie des milliards d’euros prévus dans le plan de sauvetage de l’économie vers un fonds dédié à la résilience alimentaire des territoires. Un tel plan serait particulièrement utile pour recréer des emplois et de la valeur dans les territoires (via la formation, l’investissement, l’embauche…), tout en répondant au premier enjeu de sécurité et de santé publiques : se nourrir.

3.2 Inclure l’alimentation dans la sécurité sociale

Une fois la disponibilité alimentaire sécurisée, encore faut-il s’assurer de son accessibilité économique pour les habitants.

Notre alimentation est à la fois :

  • trop chère, pour une minorité défavorisée : plus d’un Français sur dix est trop pauvre pour exercer pleinement son droit à l’alimentation[10] ;
  • trop peu chère, pour la majorité : les prix payés en magasins n’intègrent pas une multitude de coûts cachés, supportés par d’autres secteurs publics comme celui de la santé (la moitié des adultes sont en surpoids et 17 % sont obèses). Les externalités environnementales du modèle agro-industriel (pollution des milieux, émissions de gaz à effet de serre, destruction de la biosphère…) provoquent des dégâts de grande ampleur souvent irréversibles : leur évaluation économique est hasardeuse, mais aboutirait à des coûts très élevés.


Le prix apparemment modique de notre alimentation masque un coût réel largement supérieur pour la société
[11],[12].

Comment en sommes-nous arrivés à cette situation ? « Déléguer notre alimentation à d’autres est une folie », déclarait le président de la République le 12 mars dernier.

Actuellement, notre alimentation est majoritairement déléguée à des intérêts privés, souvent transnationaux : les grandes firmes de l’agro-industrie et de la grande distribution, leurs actionnaires, et les marchés financiers. Le système agro-industriel est un secteur économique comme les autres. En l’absence d’encadrement et d’intervention particuliers des États, il n’a pas pour objectif premier de nourrir sainement et suffisamment la population, mais de maximiser le profit des acteurs économiques dominants. Une partie non négligeable de l’argent public versé au titre de la PAC pour soutenir l’agriculture, participe de fait à l’accroissement de grandes fortunes industrielles bien plus qu’à la construction d’un système alimentaire résilient et à la santé publique.

Concentration des activités de transformation et de distribution alimentaires en France. Les fusions-acquisitions successives ont contribué à la construction d’un oligopole de groupes internationaux bénéficiant d’économies d’échelle importantes et d’un fort pouvoir de négociation. Source : Les Greniers d’Abondance, d’après les données Agreste (2019) et Kantar World Panel (2016)[13].

Si nous considérons que la sécurité alimentaire et nutritionnelle est un droit au même titre que la santé (à laquelle elle contribue d’ailleurs directement), alors donnons-nous les moyens pour que cela soit effectivement le cas. C’est ce que propose le groupe thématique AgriSTA (Agricultures et Souveraineté Alimentaire) de l’association Ingénieurs Sans Frontières avec la création d’une sécurité sociale de l’alimentation.

Le principe est simple : il s’inspire de la sécurité sociale actuelle pour l’appliquer à l’alimentation tout en palliant certaines de ses lacunes. Universalité dans l’accès aux soins, solidarité dans la répartition des coûts, protection face à la logique de profit et aux intérêts financiers[14] : la crise sanitaire actuelle met en évidence comme rarement auparavant l’intérêt collectif et individuel de disposer d’un système de santé public reposant sur ces valeurs. Nous pourrions décider de faire de même pour l’alimentation, en ajoutant un budget alimentaire mensuel à nos cartes vitales. Il serait identique pour tous les citoyens et permettrait d’acheter des aliments conventionnés, dont la nature et les conditions de production (origine géographique, pratiques agricoles, revenus des travailleurs) auraient fait l’objet de décisions collectives. Des caisses de sécurité sociale alimentaire décentralisées seraient les instances de gestion démocratiques et territoriales de ces politiques alimentaires. Ce faisant, une partie du système alimentaire échapperait à la logique de maximisation des profits, et permettrait l’émergence de filières territorialisées, plus résilientes et soutenables.

Une carte vitale et un budget versé à chaque citoyen pour payer ses achats de produits alimentaires conventionnés ? Crédits : Baptiste Hardouin

Une telle organisation permettrait de repenser complètement la répartition de la valeur au sein du système alimentaire. Rappelons que sur 100 euros de dépenses alimentaires, seuls 6,5 reviennent aux agriculteurs[15]. L’industrie agroalimentaire en capte 11, les commerces 15 et les services 14,5 (marketing, publicité, transport…). Il y a donc une grande marge de manœuvre pour augmenter le revenu des agriculteurs dont les produits seraient conventionnés. Cela pourrait se faire par la diminution des charges en intrants ou du poids de la dette, par la récupération de la valeur actuellement captée par les actionnaires des firmes agro-industrielles, ou encore par la réduction de certaines activités devenues superflues (marketing, publicité, suremballage). Des emplois de service pourraient disparaître dans certains secteurs du système alimentaire, mais d’autres seraient créés pour assurer la gestion des caisses de sécurité sociale alimentaire. Enfin, les consommateurs pourraient décider de prendre en charge eux-mêmes une partie du surcoût occasionné par le développement de pratiques moins intensives, et de se répartir l’effort en fonction de leurs revenus via une cotisation volontaire, comme c’est déjà le cas pour de nombreux produits intégrés dans des circuits alternatifs (agriculture biologique, commerce équitable, circuits courts).

Le coût de gestion des caisses de sécurité sociale alimentaire serait compris entre 20 et 25 euros par mois par personne (entre 16 et 20 milliards d’euros par an)[16]. Le système serait ensuite redistributif avec des cotisations indexées aux revenus et décidées collectivement[17].

Sortir de la crise actuelle avec un projet de cette ampleur donnerait une certaine consistance aux parallèles qui sont faits aujourd’hui avec l’après guerre et « Les Jours Heureux ». C’est en effet dans le programme du Conseil National de la Résistance qu’a germé en France l’idée d’une sécurité sociale.

Conclusion

C’est une formidable révolution du système alimentaire qu’il nous faut engager pour ce « monde d’après », sans quoi nous nous exposons à des crises alimentaires aux conséquences bien plus graves que l’actuelle crise sanitaire. La coopération internationale doit permettre d’éviter une famine de grande ampleur. En France, des mesures urgentes de solidarité doivent aider les personnes les plus touchées par la crise à se nourrir convenablement et soutenir les agriculteurs en difficulté. Enfin, les plans de sortie de crise doivent accorder une place centrale au développement de systèmes alimentaires territoriaux résilients, et permettre un accès équitable à une nourriture suffisante et diversifiée.

Cet article est l’œuvre collective de membres de l’association Les Greniers d’Abondance, Triticum et Auréso.

N’hésitez pas à nous signaler tout commentaire ou correction.

  1. FAO (2019) L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.
  2. Calcul réalisé à partir de la liste de la FAO des pays ayant eu besoin d’une aide alimentaire en 2019 et des données de dette extérieure disponibles sur le site d’IndexMundi.
  3. FAO (2014) La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture
  4. Michael Pollan, « Farmer in Chief », The New York Times,‎ 9 octobre 2008
  5. INSEE (2019) Parc de résidences en habitat collectif ou individuel
  6. INSEE (2016) Les logements des français
  7. La farine par exemple est très sollicitée, et les sachets manquent régulièrement en grandes surfaces car une part importante de ces produits et de leurs emballages sont importés. Pourtant le pain des boulangeries se vend moins et la plupart des meuneries françaises produisent donc moins de farine qu’en temps normal, malgré la forte demande pour ce produit côté consommateurs. De nombreuses boulangeries se sont ainsi mises à vendre de la farine à leurs clients.
  8. Le Canard Enchaîné, 22 avril 2020. Pour le préfet du “9-3”, c’est le début de la faim…
  9. En avril, le gouvernement français a annoncé que 100 000 foyers allaient recevoir un chèque de 105 euros, venant s’ajouter au versement d’une aide de 150 euros (plus 100 euros par enfant à charge) le 15 mai pour environ 4 millions de foyers. Au vu du nombre de personnes déjà concernées par la précarité alimentaire avant la crise du Covid-19, il est à craindre que ces mesures ponctuelles soient très insuffisantes pour faire face aux besoins futurs.
  10. Cinq millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire institutionnalisée, mais la part réelle de la population touchée par la précarité alimentaire est supérieure et difficile à évaluer
  11. FAO (2015) Natural Capital Impacts in Agriculture
  12. FAO (2014) Food Wastage Foodprint – Full cost accounting
  13. Agreste (2019) GraphAgri 2019. Exploitations en France ; Kantar World Panel (2016) Parts de marché des centrales d’achats.
  14. À l’exception notable de certaines entreprises pharmaceutiques, qui rémunèrent leurs actionnaires avec une partie de l’argent public alloué à la sécurité sociale.
  15. FranceAgriMer (2019) “L’euro alimentaire” : le contenu de la dépense alimentaire en production agricole, en emplois et en valeurs ajoutées, importations et taxes. Une nouvelle évaluation pour 2015. La lettre de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires.
  16. À titre de comparaison, le coût de gestion annuel de l’assurance maladie est de l’ordre de 15 milliards d’euros. Des chiffres et des propositions relatives au financement de cette sécurité sociale alimentaire sont détaillés par le groupe à l’origine de cette idée. Se référer à leur présentation.
  17. En guise d’exemple, pour un versement fixé à 150 euros par mois par personne pour l’achat de produits conventionnés uniquement, une personne avec un revenu mensuel net de 1 200 euros cotiserait à hauteur de 120 euros et recevrait 150 euros. Son pouvoir d’achat augmenterait. Une personne avec un revenu de 2 400 euros cotiserait à hauteur de 200 euros et recevrait 150 euros.

4 commentaires sur “Covid-19 : Qui veille au grain pour demain ? Les propositions.”

  1. Bonjour,
    J’ai déjà laissé un commentaire au Shift Project sur la collaboration avec LGA pour des propositions agricoles, sur l’adresse “préparer l’avenir”, et aussi à Jean-Noël Geist du Shift, et mon correspondant à Toulouse. Ingénieur agro ENSAT diplômé en 1981, je suis céréalier en basse vallée d’Ariège depuis 31 ans, après avoir été maraîcher bio sur 2 ha pendant 7 ans à la sortie de mon école. J’aimerais bien échanger avec vous, car je pense que vous manquez de contact avec le terrain. En 1989, j’ai remplacé un chef de culture qui venait de travailler pendant 30 ans sur la ferme que je gère aujourd’hui. J’ai passé une année avec lui, et ai beaucoup discuté avec lui.
    Il m’a dit 2 choses : -1- dans les années 60, on pouvait payer une heure de travail avec 3 kg de maïs (aujourd’hui il faut à la louche 100 kg de maïs pour payer une heure de travail), -2- quelle est la grande innovation qui a le plus révolutionné l’agriculture après la 2ème guerre mondiale ? c’est le désherbant : des blés farcis de ravenelles qui donnaient 20 qx/ha, sont passés à 40 qx dès qu’il a introduit le premier antidicotylédone. C’est le désherbant, me disait-il, et pas le tracteur, qui a permis à un homme seul de gérer des dizaines d’hectares.
    Je ne vous en dis pas plus, préférant continuer la discussion si vous me répondez. Je ne suis pas moins convaincu que vous de la nécessité de protéger le climat.
    A bientôt, j’espère. Alain Duphil 0681928389

  2. Bonjour,
    Félicitations pour cet article particulièrement intéressant et instructif, et pour les solutions proposées qui sont concrêtes et réalisables moyennant une volonté politique.

  3. Une proposition parmi d*autres: et si nous apprenions à consommer bien moins de viande …. déjà le problème d’eau et de fouage serait moins crucial.
    Ensuite, sortir de l’ultra production et ultra consommation et ainsi que suggéré par l’article, exclure toute les productions alimentaires de nécessité, céréales, légumes et fruits, du jeu des bourses internationales.
    Produire local, consommer local, et garder le reste pour l’échange de ce que nous n’avons pas et dont nous avons réellement besoin.
    Arrêter de produire des produits dérivés industriels coûteux en énergie en ressources essentielles et particulièrement dévastateurs pour la santé humaine.
    Quand va t-on finir par comprendre que l’enjeu alimentaire de l’humanité passe par une revue drastique de nos comportements ?
    Nécessité ne fait elle pas loi ?

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