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Outre-Mer : des systèmes alimentaires particulièrement vulnérables

Les systèmes alimentaires en Outre-mer sont fragiles du fait d’une dépendance quasi-totale aux importations, de fortes densités de population et de topographies contraignantes. La sécurité alimentaire de ces territoires est d’ores et déjà dégradée : en termes de santé publique avec une malnutrition particulièrement présente, et en termes d’accessibilité économique, les prix étant prohibitifs pour une part importante des populations et sujets à une forte inflation à chaque hausse du prix du pétrole. Dans ce contexte, il est urgent de transformer les systèmes alimentaires locaux pour en renforcer la résilience et garantir la sécurité alimentaire en toutes circonstances.

Pourquoi s’intéresser à la sécurité alimentaire en Outre-mer ?

La France d’outre-mer, qui englobe des territoires rattachés à la France mais éloignés géographiquement (Figure 1), est composée des départements et régions d’outre-mer (DROM), des collectivités d’outre-mer (COM) et de quelques autres territoires spécifiques comme la Nouvelle-Calédonie. Les DROM sont assimilés à des collectivités territoriales exactement au même titre que ceux de France métropolitaine : il s’agit de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de Mayotte et de la Réunion. Les COM possèdent des statuts plus spécifiques leur conférant plus d’autonomie : il s’agit de la Polynésie française, de Saint-Martin, de Saint-Barthélémy, de Saint-Pierre-et-Miquelon et de Wallis et Futuna.

Figure 1 : Carte de la France métropolitaine et de l’Outre-mer. Source : https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45369160, CC BY-SA.

De plus en plus d’études portent sur la vulnérabilité des systèmes alimentaires et leurs transformations souhaitables en France[1] et en Europe[2]. Avec quasiment trois millions d’habitants, la France d’outre-mer représente 4 % de la population française, un chiffre loin d’être négligeable. Bien que français et européens, ces territoires sont absents de ces études[3], à l’instar de nombre de travaux portant sur la France dans le discours, mais sur la France métropolitaine dans les faits.

Les systèmes alimentaires d’outre-mer apparaissent pourtant particulièrement vulnérables: les besoins alimentaires des DROM sont largement assurés par les importations en porte-conteneurs[4], en provenance majoritairement de la Métropole. Cela confère à ces territoires un degré de dépendance élevé vis-à-vis du système alimentaire métropolitain. La capacité productive actuelle de ces territoires est très faible vis-à-vis des besoins de la population.

Pour des questions d’accessibilité aux données, seuls les DROM, la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie sont ici considérés, représentant 2,7 millions d’habitants. Par souci de lisibilité, ces territoires seront englobés sous la dénomination de France d’outre-mer.

Nos systèmes alimentaires sont globalement vulnérables face à une multitude de menaces et de facteurs de risque, du changement climatique aux crises économiques (I.2 Les menaces). Pour la France d’outre-mer certaines spécificités (Figure 2) viennent exacerber cette vulnérabilité :

    • une capacité de production faible au regard des besoins, en particulier du fait de la géographie.
    • une dépendance élevée à la Métropole, en particulier pour les approvisionnements alimentaires ;
    • des inégalités socio-économiques renforcées qui aggravent la précarité alimentaire ;
    • les déclinaisons locales, parfois aggravées, des menaces globales : changement climatique, dépendance aux ressources en voie d’épuisement, etc.

 

Figure 2 : Principaux facteurs de risques et de vulnérabilité des systèmes alimentaires dans les Outre-mer. Source : Les Greniers d’Abondance, CC BY-NC-SA.

Une capacité de production agricole très contrainte

En France d’outre-mer, la capacité de production agricole et alimentaire est limitée par plusieurs facteurs dont certains sont spécifiques à l’Outre mer tels que la géographie des territoires et la part importante des cultures d’exportation, et d’autres communs à la situation nationale générale: l’artificialisation des terres agricoles et la démographie agricole.

La plupart des territoires d’outre-mer sont très contraints par leur géographie et leur relief. Les territoires insulaires ne font que quelques centaines à quelques milliers de km², souvent très accidentés, pour des densités de population supérieures à celle de la France métropolitaine. Dans un scénario théorique où chacun des Outre-mer devrait subvenir à l’entièreté des besoins de sa population (en considérant le régime alimentaire actuel), les terres cultivables disponibles aujourd’hui ne pourraient nourrir que 15 à 30 % de leur population pour les DROM insulaires et la Polynésie française[5],[6]. Avec un régime trois fois moins carné, on pourrait cependant se rapprocher de la couverture des besoins théoriques. D’autant plus si le régime alimentaire ultramarin se différencie de celui de la France métropolitaine pour mieux correspondre aux ressources locales. Ce sont aussi des îles volcaniques à fort relief avec des zones montagneuses historiquement préservées de la déforestation coloniale du fait de leur accès difficile. Ces zones restent majoritairement peu voire pas exploitables pour les cultures vivrières, et ne pourraient guère être mieux valorisées que sous forme de zone d’élevage extensif. L’expansion de l’agriculture dans ces espaces donnerait lieu à une production insignifiante et se ferait au détriment de la conservation d’espaces naturels[7]. Or ceux-ci jouent des rôles déterminants dans le cycle de l’eau, la régulation des bioagresseurs, la stabilité des sols et la fourniture d’autres services essentiels (pharmacopée, bois…).

Les cultures d’exportation contraignent le développement d’une agriculture nourricière nourrissant prioritairement la population locale. Or ces cultures (canne à sucre, banane, noix de coco) occupent une part majeure de l’espace agricole en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion et en Polynésie française[8]. Cette allocation des terres résulte en partie de l’héritage colonial. De plus, la PAC (Politique Agricole Commune) comme d’autres subventions soutiennent largement les filières d’exportation[9] au détriment des petites exploitations diversifiées positionnées sur les marchés locaux, alors que ces productions locales sont déjà en concurrence avec les produits importés. Une autre limitation majeure concerne les conséquences des modes de production des cultures d’exportation : les sols sont potentiellement fortement contaminés aux pesticides, à l’instar du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique (40% de sols agricoles seraient contaminés en Martinique[10]). Les sols contaminés sont impropres à un certain nombre de cultures.

Comme en France métropolitaine, les pertes de surface agricoles sont importantes, elles s’élèvent à 20% dans les DROM depuis 1988[11]. La part des surfaces artificialisées est relativement importante dans les DROM insulaires, avec respectivement 13, 14 et 15% pour la Guadeloupe, la Réunion et la Martinique, contre en moyenne 9% en France métropolitaine[12]. L’artificialisation progresse dans ces territoires alors même que les populations martiniquaises et guadeloupéennes sont en baisse. En Guyane et à Mayotte la démographie, et plus encore l’artificialisation, sont en augmentation soutenue. Reconvertir des sols artificialisés en sols agricoles est un processus lourd et coûteux, voire impossible dans certains cas. Face à l’artificialisation, les sols restants pour l’agriculture diminuent mécaniquement, d’autant plus que les surfaces propices à l’agriculture sont souvent les plus convoitées pour la construction.

Enfin, la population agricole est une autre composante de la capacité de production agricole. Sur ce plan, la situation n’est pas si catastrophique au regard de celle de la France métropolitaine : entre 4,5 et 7,8 % de la population active est agricole dans les DROM, 11,3% et 13,6% en Nouvelle-Calédonie et Polynésie française, contre 2,8% en Métropole[13]. Cependant, pour augmenter leur autonomie alimentaire, les territoires d’outre-mer ont besoin d’un plus grand nombre d’agriculteurs installés sur des fermes plus petites et plus diversifiées qu’actuellement. De plus, certains territoires comme la Guadeloupe et la Martinique présentent une démographie vieillissante et en léger déclin. Stabiliser la population agricole pour ces territoires est déjà un premier défi, tandis qu’augmenter la population agricole se heurte à des freins comparables à ceux opérant en Métropole (renvoi rapport 2 qui veille au grain). Enfin, encourager la population à « retourner vers la terre » dans d’anciennes colonies esclavagistes requerrait une précaution particulière, l’esclavage ayant principalement consisté en des travaux agricoles forcés.

Une forte dépendance à la Métropole

Les DROM se situent à des milliers de kilomètres de la France métropolitaine : jusqu’à 17 000 km pour la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. Pourtant les approvisionnements alimentaires sont en grande partie issus de Métropole. Pour les DROM c’est entre 49 % et 72 % des importations (tous types confondus) qui viennent de la Métropole, et 23 % pour la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française[14]. Les échanges avec d’autres pays, notamment voisins, sont de fait peu développés et peu diversifiés.

Le taux de couverture global[15] donne une idée de la dépendance des territoires vis-à-vis des importations. L’ensemble des Outre-mer importent la quasi-totalité de leurs céréales et une partie importante de la viande, mais ils couvrent un peu mieux leurs besoins en œufs et en fruits et légumes frais. Certains territoires sont particulièrement vulnérables, avec des taux de couverture[16] de 12 % pour la Martinique, 21 % en Guadeloupe, 23 % à la Réunion, et 25 % en Polynésie française[17]. La Guyane (40 %), Mayotte (41 %) et la Nouvelle-Calédonie[18] (57 %) s’en sortent un peu mieux : ils sont quasiment autosuffisants pour les fruits, les légumes et les œufs mais restent fortement dépendant des importations pour la viande de volaille et le lait.

Figure 3 : Taux de couverture par catégorie de produits dans les DROM : ces chiffres ne prennent pas en compte les volumes autoconsommés. Concernant les produits issus de l’élevage, les chiffres n’intègrent pas les aliments pour nourrir les animaux. Ce dernier aspect est important à considérer puisque les productions de céréales et de protéagineux sont très faibles voire nulles sur ces territoires. Sources: ODEADOM 2021, Marzin et al 2021.

Le secteur de la pêche représente un secteur d’emploi important en Outre-mer qui a une ZEE (Zone Economique Exclusive) deux fois plus grande que celle de la France continentale, pourtant les importations en produits de la pêche représentent 40 % de la consommation locale[19]. Une explication est que la flotte des DROM n’a pas bénéficié des aides européennes favorisant la modernisation des embarcations dans les années 1980[20]. Par contre, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, le secteur de la pêche constitue une ressource économique très importante (supérieure à la production agricole dans le cas de la Polynésie), mais aussi une ressource vivrière améliorant nettement le taux de couverture alimentaire.

Il faut noter que l’autoconsommation n’est pas prise en compte dans les statistiques de taux de couverture alors qu’elle peut être significative en Outre-mer. L’autoconsommation peut représenter 5 % du budget mensuel alimentation des Français outre-mer incluse[21],[22], alors qu’en Polynésie française 24 % du budget alimentaire est économisé par l’autoconsommation[23], 38 % en Nouvelle-Calédonie[24] (pêche incluse).

La dépendance aux importations se traduit notamment par des prix alimentaires bien plus élevés qu’en métropole (Figure 2). Ces écarts s’expliquent en partie par l’éloignement et l’isolement, mais également par la position économique stratégique de quasi monopole d’un petit nombre d’acteurs locaux de la distribution alimentaire[25]. L’Autorité de la concurrence estime un surcoût (frais de transport, des taxes ou des coûts d’intermédiation) de l’ordre de 16 % du coût total moyen pour le distributeur. En effet, un déséquilibre entre les importations et les exportations implique des retours de conteneurs à vide. En Guyane cela peut concerner jusqu’à 95 % des conteneurs, tandis que cette situation ne concerne pas les deux départements antillais qui exportent des bananes et du rhum[26]. Ce contexte favorise aussi la constitution d’oligopoles voire de monopoles des opérateurs locaux, notamment des importateurs grossistes qui obtiennent des exclusivités territoriales, ce qui implique des risques d’abus sur les prix pratiqués (Lurin, 2016)[27]. L’Autorité polynésienne de la concurrence rend un diagnostic similaire à celui établi pour les DROM[28] : l’éloignement et l’isolement de la Polynésie française ne suffisent pas à expliquer la totalité des surcoûts des produits, qui résultent également de la structure des différents marchés.

Figure 4 : Écarts de prix avec la France métropolitaine selon l’indice de type fisher pour les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées. Source : (DROM) Insee 2016 – enquête de comparaison spatiale des prix / (NC) Isee 2010 / (PF) ISPF 2016.

Selon les territoires, le panier alimentaire coûte de 19 % à 65 % plus cher qu’en Métropole (Figure 4). A ces écarts de prix s’ajoutent des inflations brutales qui peuvent survenir en cas de défaillance dans les approvisionnements ou d’une augmentation du coût du fret maritime. En l’espace de quelques jours, des produits de première nécessité peuvent devenir hors de prix, comme par exemple en Martinique début 2022 du fait d’une baisse de l’offre en conteneurs[29]. Cette situation est d’autant plus problématique pour la sécurité alimentaire des populations que ces territoires se caractérisent par un fort taux de chômage et une pauvreté plus élevée qu’en métropole. Le PIB par habitant est largement inférieur à celui de la métropole[30]. Les mouvements sociaux contre la vie chère de 2006, 2008 et 2009 qui ont eu lieu en Guadeloupe, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Mayotte et en Guyane sont l’expression de cette grande fragilité économique et sociale des populations en Outre-mer.

Dans ce contexte, les produits alimentaires représentent une plus grande part du budget des ménages en Outre-mer qu’en métropole. Les dépenses alimentaires représentent entre 17 % et 36 % des budgets des ménages à très bas revenus dans les DROM contre 16 % en moyenne pour ces mêmes ménages en métropole[31]. En Polynésie française, les dépenses d’alimentation représentent en moyenne 25 % du budget de la population dans son ensemble[32].

La dépendance de la France d’outre-mer à des approvisionnements de longue distance rend ces territoires particulièrement vulnérables au risque de rupture d’approvisionnement. Or, à notre connaissance, il n’existe pas de dispositif d’ampleur permettant le stockage de denrées alimentaires.

Des inégalités sociales profondes

Une organisation du système alimentaire héritée de l’époque coloniale

Ces espaces ont été conquis par la France dans le courant du XVIIe siècle pour la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion et la Guyane, et durant le XIXe siècle pour Mayotte, la Nouvelle Calédonie et la Polynésie française. Les conquêtes du XVIIe siècle correspondent à l’essor des plantations de canne à sucre et de banane, à l’origine du commerce triangulaire et de la traite négrière. Alors soumis à une obligation de commerce exclusif avec la France métropolitaine, ces territoires fournissent des matières premières agricoles tout en servant de débouchés aux produits industriels métropolitains.

Cet héritage colonial persiste dans l’organisation des économies ultramarines. En témoigne la situation en Martinique, particulièrement symptomatique : les descendants des propriétaires colons, appelés Békés, représentent 1 % de la population mais possèdent la moitié des terres, 40 % de la grande distribution, l’essentiel de l’industrie agro-alimentaire et des réseaux de distribution des produits de biens de consommation[33],[34]. Si cette situation n’est pas aussi marquée dans les autres territoires ultramarins, les acteurs économiques métropolitains ou descendants de colons concentrent le pouvoir économique. Il en va ainsi de l’économie néo-calédonienne qui est aux mains de grands groupes caldoches[35], métropolitains ou antillais, « qui contrôlent le commerce et la distribution, les mines, les transports, la banque et les assurances, l’agroalimentaire, l’immobilier ou les médias »[36].

L’héritage colonial s’exprime également d’un point de vue administratif et socio-culturel. La précarité économique et la marginalisation sociale touchent plus fortement les populations racisées : peuples autochtones et descendants d’esclaves. Le taux de décrochage scolaire est deux fois plus élevé en Outre-mer qu’en métropole. Il en va de même entre Européens et Océaniens : en 2014, seuls 4 % des Kanak avaient un diplôme universitaire pour 26 % des non-Kanak[37]. Par ailleurs, la sur-rémunération[38] des fonctionnaires par rapport à la métropole renforce ces inégalités car ce sont des postes majoritairement occupés par des populations d’origine métropolitaine.

Ces territoires apparaissent comme des périphéries sous-investies par l’État. Des inégalités notables existent en matière de dépenses publiques pour les infrastructures de base (transport, assainissement, électricité, logement, numérique, éducation, etc.)[39]. C’est le cas pour l’accès à l’eau potable : les coupures d’eau sont quotidiennes en Guadeloupe, tandis que 5 % des Guyanais n’ont pas accès à l’eau potable et qu’à Mayotte ce sont trois logements sur dix qui n’ont pas l’eau courante[40]. Le constat est le même pour le système de santé, où le nombre de médecins pour 100 000 habitants est ainsi très inférieur dans les départements d’outre-mer comparé à la Métropole, particulièrement à Mayotte et en Guyane[41].

Une alimentation traditionnelle menacée

Depuis plusieurs décennies la consommation de légumes a diminué au profit des produits animaux, et des produits gras et sucrés[42]. Selon les territoires, cette transition nutritionnelle est plus ou moins avancée : elle est avancée dans les Antilles, en cours à la Réunion et à Mayotte, et faiblement marquée en Guyane où les régimes alimentaires restent plus traditionnels, en fonction de l’origine ethnique. Cette tendance s’observe aussi en Polynésie française[43] et Nouvelle-Calédonie[44]. Ces nouveaux régimes alimentaires s’appuient sur des modes de consommation plus occidentaux, en particulier les produits ultra-transformés, qui délaissent les produits traditionnels. Comme cela a pu être montré pour la Nouvelle-Calédonie[45], les produits ultra-transformés importés et très taxés possèdent une image de « produits rares, réservés aux populations urbaines et aisées », suscitant l’engouement des plus jeunes consommateurs. De plus, la grande et moyenne distribution, avec des parts de marché écrasant les circuits locaux, participe à redéfinir et maintenir ces nouveaux régimes alimentaires. Par exemple, une loi a dû être adoptée[46] pour interdire la commercialisation outre-mer de produits avec une plus forte teneur en sucre que les mêmes produits vendus en France métropolitaine.

Plus préoccupant, la santé des habitants de la France d’outre-mer est un marqueur significatif des inégalités : si l’espérance de vie s’est allongée ces dernières décennies, il n’en demeure pas moins qu’un ultramarin a une espérance de vie plus faible que celle d’un habitant des Hauts-de-France, région de la métropole où elle est la plus faible[47]. La mortalité infantile a augmenté entre 2000 et 2012, et les maladies chroniques s’y déclarent plus fréquemment qu’en métropole[48] : surpoids et obésité, maladies cardio-vasculaires, hypertension artérielle, diabète, autant de maladies où l’alimentation est fréquemment une cause directe ou un facteur aggravant.

Le taux d’obésité dans les DROM varie de 16 %[49] pour la Réunion à 26 %[50] pour Mayotte, contre 14 % pour la France métropolitaine. C’est pire en Nouvelle-Calédonie (38 %[51]) et en Polynésie française (40 %[52]). La prévalence du diabète traité est aussi bien supérieure en Outre-mer que dans le reste de la France[53],[54].

Fragilité face aux menaces globales

Les menaces globales qui rendent le système alimentaire vulnérable en France métropolitaine (I.2 Les menaces) sont tout aussi problématiques pour les systèmes alimentaires d’outre-mer avec certaines spécificités qui s’y ajoutent ou les exacerbent : climat tropical, isolement géographique[55] et dépendance à la Métropole.

Le changement climatique est d’ores et déjà palpable dans la France d’outre-mer. Des sécheresses plus intenses et plus nombreuses sont déjà mesurées en Nouvelle-Calédonie[56], dans les Antilles[57] et en Guyane française[58]. Ces sécheresses viennent contraindre les agriculteurs[59], et leur impact négatif sur la production agricole est voué à s’accentuer: l’eau est le premier facteur limitant la production agricole et ces territoires sont fortement dépendants des eaux de ruissellement. Le changement climatique s’exprime aussi de façon singulière dans ces territoires. Les cyclones augmentent en intensité et en fréquence aux Antilles françaises[60]. Ces cyclones peuvent littéralement dévaster les cultures, comme en 2017 où 70% des plantations martiniquaises 100% des plantations guadeloupéennes de bananes ont été ravagées en une nuit[61] (Figure 5). Enfin, la France d’outre-mer est vulnérable à l’augmentation du niveau des océans qui réduira les surfaces cultivées et cultivables à long terme[62], en plus d’occasionner la migration forcée des populations littorales.

Figure 5. Champ de banane ravagé en Guadeloupe après le passage de l’ouragan Maria le 22 septembre 2017. Source : afp.com/Helene Valenzuela

Les bouleversements sur la biodiversité ont aussi un impact global sur les écosystèmes, nos sociétés et le système alimentaire[63]. Les systèmes de cultures intensifs et/ou en monoculture sont particulièrement vulnérables aux explosions épidémiques (I.2 Les menaces), à l’image des plantations de bananes qui subissent d’importantes pressions parasitaires (fusariose, nématodes, charançons)[64],[65]. Ces productions reposent alors sur d’importants apports de pesticides, alors que ces derniers ont des impacts négatifs sur la biodiversité (insectes pollinisateurs ou à la base de la chaîne trophique, fertilité biologique des sols). De plus, les pesticides peuvent faire l’objet d’usages immodérés selon le type de culture ou le territoire, en comparaison avec la métropole[66]. Selon la DAAF (direction de l’agriculture de l’alimentation et de la forêt) de Mayotte les dosages moyens utilisés en maraîchage à Mayotte, étaient deux fois supérieurs à la dose préconisée en 2016. Si la pêche est une source alimentaire importante pour les outre-mers, cette activité représente une pression conséquente sur la biodiversité aquatique[67]. Enfin, le changement climatique redéfinit déjà les aires de distribution des pathogènes et parasites, qui, conjugué avec les pertes de biodiversité dans les zones naturelles ou cultivées, rebat constamment les cartes des épidémies à venir[68]. Dans un tel contexte dynamique et imprévisible, l’homogénéité des cultures et l’utilisation de pesticides ne pouvant cibler qu’un type de pathogène est une stratégie peu efficace, renforçant la vulnérabilité des systèmes agraires.

Une autre menace majeure est la dépendance à des sources énergétiques en déclin, source de crises économiques. La crise économique de 2008 est une conséquence de l’éclatement de la bulle du marché des subprimes (ces prêts immobiliers à risques massivement émis entre 2004 et 2007). Cependant, le non-remboursement de ces prêts est lui-même lié à l’inflation générale qui résulta de la flambée du prix du pétrole[69]. Celui-ci est passé de 19 dollars en janvier 2002 à 130 dollars en juillet 2008 suite à la diminution de production de pétrole conventionnel durant cette décennie. Or c’est aussi un record dans les prix du carburant, avec 1€77 le litre d’essence fin novembre 2008, qui a été à l’origine des mouvements sociaux aux Antilles-Guyane en 2008-2009[70]. Sur cette même période en Guyane les prix des fruits et légumes ont augmenté de 5,2 %, ceux du poisson de 7,6 % et les produits laitiers de 7,2 %[71]. Le prix prohibitif du carburant était probablement lié à la même diminution de production de pétrole dans le courant des années 2000, notamment en provenance de la mer du Nord[72] dont est majoritairement dépendante la SARA, l’unique raffinerie de brut pour les Antilles-Guyane[73]. Les mouvements sociaux aux Antilles-Guyane de 2008-2009 et la crise de 2008 illustrent le lien entre l’augmentation du prix du pétrole, le prix de l’alimentation et les crises économiques.

Le déclin des énergies fossiles affectera l’accès à la nourriture des ménages par une réduction du pouvoir d’achat, notamment via l’augmentation des tarifs d’importation. A une échelle plus large, le déclin des énergies fossiles impacte le prix des denrées alimentaires avant importation puisque la production alimentaire en France métropolitaine repose sur ces énergies (production d’engrais et de pesticides, machines agricoles, transformation, distribution; I.3 Les menaces)[74]. La dépendance de la France d’outre-mer aux énergies fossiles est particulièrement critique du fait que l’essentiel des approvisionnements alimentaires reposent sur les importations longue-distance en containers. C’est pourquoi un sevrage abrupte et subi, qui est une possibilité pour la décennie 2030 selon l’Agence Internationale de l’Energie56, aurait des graves dramatiques pour les Outre-mer, en particulier insulaires, qui ne possèdent que relativement peu de ressources énergétiques et de surfaces agricoles. Une situation comparable s’est déjà produite à Cuba, lorsque, suite à l’effondrement du bloc soviétique, les importations (notamment en énergies et aliments) ont été perturbées : cela s’est soldé par une baisse de 45 % de la production agricole locale et par une chute brutale des apports caloriques moyens de la population : un tiers en trois ans[75]. La situation était pourtant plus favorable que celle de la France d’outre-mer aujourd’hui : la possession de ressources fossiles et minières, l’importance du secteur primaire, la densité de population relativement faible, et une économie de guerre déjà en place sont autant d’atouts dont ne dispose pas l’outre-mer français.

Conclusion

Les systèmes alimentaires d’outre-mer sont particulièrement vulnérables face aux menaces globales (I.2 Les menaces) de par leur localisation et leur topographie. Par ailleurs, un certain nombre de facteurs de risque spécifiques liés à l’histoire et la géographie de ces territoires aggravent cette vulnérabilité :

(1) La dépendance à un pays riche comme la France a permis de fortes croissances démographiques en se déconnectant de la capacité de production des territoires : les surfaces agricoles sont trop faibles par rapport aux besoins de la population, et leur extension est contrainte par la topographie.

(2) Aujourd’hui, cette dépendance favorise les grandes cultures d’exportation (banane, canne à sucre), empêchant l’essor d’une agriculture nourricière et rendant nécessaires d’énormes flux d’importations par transport longue distance.

(3) L’héritage colonial reste à la source d’importantes inégalités économiques, sociales et sanitaires au sein de ces territoires, posant de graves problèmes de monopoles économiques ou d’accès au foncier, au détriment des principes d’équité et de la préservation des régimes traditionnels.

Ces facteurs de risque affectent directement la capacité des systèmes alimentaires ultramarins à encaisser des crises ou à s’adapter aux perturbations du système-erre, mettant en péril la sécurité alimentaire des populations.

Ce tableau des vulnérabilités et défaillances des systèmes alimentaires pour la France d’outre-mer, alarmiste, met cependant en lumière les grandes orientations politiques souhaitables pour garantir l’accès à l’alimentation à l’ensemble de ces populations, qui fera l’objet d’un prochain travail. L’autosuffisance n’est pas une fin en soi, mais réduire la dépendance à la Métropole est une priorité absolue. Dans cette optique plusieurs voies de résilience sont envisageables et à investir conjointement :

    • favoriser l’agriculture nourricière, en réduisant l’agriculture d’exportation et en travaillant sur l’augmentation et la valorisation des surfaces agricoles et des populations agricoles ;
    • favoriser les échanges commerciaux à l’échelle régionale, en favorisant des relations avec les territoires proches géographiquement pour les produits non cultivables localement ;
    • favoriser l’accès à une nourriture de qualité au plus grand nombre en agissant pour résorber les inégalités sociales ;
    • réduire la dépendance au pétrole, pesticides et engrais de synthèse est décisif pour l’ensemble de ces territoires qui sont totalement dépourvus de ces ressources et où des ruptures d’approvisionnements auraient actuellement des conséquences dramatiques.

 

Auteurs : Noé Guiraud (docteur en sciences économiques) et Sébastien Levionnois (docteur en écologie et évolution).

Remerciements : Ce travail a bénéficié du stage de Margaux Fournier, réalisé au sein de l'association, nous la remercions chaleureusement d'avoir choisis notre structure. Nous remercions également Marc-Alexandre Tareau et Malcolm Ferdinand pour leur relecture ainsi que les bénévoles de l'association.

 

Sources :

  1. Solagro. 2016. Le scénario Afterre2050.
  2. Pablo Servigne. 2015. Nourrir l’Europe en temps de crise.IDDRI. 2018. Une Europe agroécologique en 2050
  3. On peut toutefois souligner la publication récente du Cirad qui analyse spécifiquement les systèmes agricoles des DROM : Marzin J., Fréguin-Gresh S., Angeon V. ; Andrieu N., Banoviez Urrutia V., Cerdan C., Cialdella N., Huat J., Daviron B., 2021. Étude sur les nouveaux modèles agricoles des départements d’outre-mer. Rapport final. CIRAD, AFD.
  4. Marzin J., Fréguin-Gresh S., Angeon V. ; Andrieu N., Banoviez Urrutia V., Cerdan C., Cialdella N., Huat J., Daviron B., 2021. Étude sur les nouveaux modèles agricoles des départements d’outre-mer. Rapport final. CIRAD, AFD.
  5. Si l’on prend comme base 4 300 m² nécessaires la surface agricole mobilisée par an pour un français moyen pour toute son alimentation. Voir p.2 §7Barbier C., Couturier C., Dumas P., Kesse-Guyot E., Pharabod I, ADEME. 2020. Empreintes sol, énergie et carbone de l’alimentation.
  6. Pour la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion et Mayotte, les densités de population actuelles sont telles, que même si l’entièreté de la superficie totale était dévolue à l’agriculture, cela ne suffirait pas à subvenir aux besoins de l’ensemble de la population.
  7. Par exemple, trois des 11 parcs nationaux en France sont dans les DROM (Guadeloupe, Guyane, Réunion).http://www.parcsnationaux.fr/fr/des-decouvertes/les-parcs-nationaux-de-france/les-parcs-nationaux-11-espaces-naturels-proteges
  8. 28% de la surface agricole utile en Martinique, 33% en Guadeloupe, 48% à la Réunion (Agreste 2019) ; 74% en Polynésie française (Recensement Générale de l’Agriculture 2012).
  9. La banane représente 129 M€ annuel du POSEI (Programme d’Options Spécifiques à l’Eloignement et à l’Insularité) et la canne à sucre 75 M€ auquel s’ajoutent 86 M€ d’aides nationales et des mesures de défiscalisation. La banane représente ainsi 49 % de l’enveloppe POSEI toutes filières et tous DOM confondus alors que la filière représente 20 % de la valeur de la production totale, 8,2 % de la surface agricole utilisée et 3,5 % des exploitations des DOM. Ces deux filières reçoivent l’essentiel des subventions à l’agriculture dans les DOM.Marzin et al 2021, sus cité.
  10. https://daaf.martinique.agriculture.gouv.fr/La-pollution-des-sols-de-la
  11. Agricultures des outre-mer : Pas d’avenir sans acclimatation du cadre normatif Rapport d’information n° 775 (2015-2016) de MM. Éric DOLIGÉ, Jacques GILLOT et Mme Catherine PROCACCIA, fait au nom de la Délégation sénatoriale à l’outre-mer, déposé le 7 juillet 2016
  12. Agreste. 2021. L’occupation du sol entre 1982 et 2018. Avril 2021 N°3
  13. Agreste. 2020. Graph’Agri 2020, L’agriculture, la forêt, la pêche et les industries agro-alimentaires..ISEE & DAVAR. 2012 Recensement Général de l’Agriculture en Nouvelle-Calédonie (RGA)

    DAG (Direction de l’Agriculture en Polynésie française). 2012. Recensement Général de l’Agriculture en Polynésie française (RGA)

  14. Jean-Christophe Gay, « L’Outre-mer en marge, les marges de l’Outre-mer », Bulletin de l’association de géographes français [En ligne], 94-3 | 2017, mis en ligne le 20 octobre 2018, consulté le 01 novembre 2021. URL : http://journals.openedition.org/bagf/2119 ; DOI : https://doi.org/10.4000/bagf.2119
  15. Le taux de couverture correspond au volume de production locale consommée sur le territoire (la production agricole totale à laquelle on soustrait les exportations) divisée par le volume total de produits consommés (produits sur place et importées).
  16. ODEADOM. 2021. La couverture des besoins alimentaires dans les DROM.
  17. Direction de l’agriculture en Polynésie française. 2021. L’image de l’agriculture polynésienne en 2019. Bulletin de statistiques agricoles. N°48.
  18. DAVAR. 2021. Synthèse des activités agricoles de l’année 2020.
  19. IEOM 2018 in Marzin J., Fréguin-Gresh S., Angeon V. ; Andrieu N., Banoviez Urrutia V., Cerdan C., Cialdella N., Huat J., Daviron B., 2021. Étude sur les nouveaux modèles agricoles des départements d’Outre-mer. Rapport final. CIRAD, AFD, 226 p. + annexes
  20. De 1970 à 1992 les DOM étaient exclus de la Politique Commune de la Pêche (Marzin et al 2021).
  21. Insee, enquête Budget de famille 2017.
  22. Celle-ci pourrait être un peu plus importante en intégrant les produits échangés entre particuliers (dons). Ceux-ci sont intégrés aux calculs réalisés en Polynésie française et en Nouvelle Calédonie.
  23. ISPF 2015
  24. ISEE 2019
  25. Rapport d’information fait au nom de la délégation aux Outre-mer sur le coût de la vie dans les Outre-mer par les députés M. Lénaïck Adam et Mme Claire Guion-Firmin : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/om/l15b3638_rapport-information.pdf
  26. Rapport d’information sup cité.
  27. L’état à cherché à remédier à cette situation par la loi n° 2012-1270 du 20 novembre 2012 relative à la régulation économique outre-mer. il semblerait que cela aille dans le bon sens, selon le rapport d’évaluation de sa mise en œuvre (députés Ericka BAREIGTS et Daniel FASQUELLE) qui conclut que la réglementation autour du carburant agit fortement sur le niveau des prix, que l’interdiction des exclusivités d’importation démontre son utilité et que les boucliers qualité-prix, innovation importante de la loi, produit des résultats concrets sur les prix (-15% sur les prix alimentaires) tout en permettant une valorisation des productions locales.
  28. Avis n°2019-a-02 du 19 septembre 2019 relatif aux mécanismes d’importation et de distribution en Polynésie française.
  29. Par exemple: https://la1ere.francetvinfo.fr/martinique/pourquoi-cette-forte-augmentation-des-prix-dans-les-grandes-surfaces-de-martinique-1262179.html
  30. De 31 à 37% pour la Martinique et la Guadeloupe, 79% pour Mayotte, 43% pour la Polynésie française : rapport sénatorial de 2014 : les niveaux de vie dans les outre-mer, un rattrapage en panne.
  31. Chiffres INSEE 2018, La consommation des ménages dans les DOM en 2017. https://www.insee.fr/fr/statistiques/4293957?sommaire=4257987Et Enquête Budget de famille 2018, Insee Analyses MayotteN° 24, juillet 2020. https://www.insee.fr/fr/statistiques/4622187
  32. Chiffres INSEE 2006, cités dans le rapport Victorin Lurel 2016.
  33. Audebert Cédric, « Les Antilles françaises à la croisée des chemins: de nouveaux enjeux de développement pour des sociétés en crise », Les Cahiers d’Outre-Mer, 2011/4 (n° 256), p. 523-549. DOI : 10.4000/com.6409. URL : https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-d-outre-mer-2011-4-page-523.htm
  34. “le groupe béké contrôlerait 29 % des entreprises de plus de 20 salariés, les mulâtres 17 %, la part la plus importante revenant aux sociétés à capital métropolitain”.
    Lemercier, Élise, Valelia Muni Toke, et Élise Palomares. « Les Outre-mer français. Regards ethnographiques sur une catégorie politique », Terrains & travaux, vol. 24, no. 1, 2014, pp. 5-38.
  35. Population néo-calédonieenne essentiellement ou en partie d’origine européenne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Caldoche
  36. Jean-Christophe Gay, « L’autodétermination pour solder la colonisation : le cas de la Nouvelle-Calédonie », L’Espace Politique [En ligne], 36 | 2018-3, mis en ligne le 17 juillet 2019, consulté le 01 novembre 2021. URL : http://journals.openedition.org/espacepolitique/5856 ; DOI : https://doi.org/10.4000/espacepolitique.5856
  37. Gay, 2018 sup cité
  38. La sur-rémunération des fonctionnaires de 40 % est critiquée comme contribuant au phénomène de vie chère en sur-évaluant artificiellement les économies d’outre-mer.
  39. Lurel V. “Egalité réelle outre mer”, rapport au Premier ministre, mars 2016 (https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/164000180.pdf)
  40. https://www.une-saison-en-guyane.com/article/societe/mayotte-dune-crise-sanitaire-a-une-crise-alimentaire-entretien-avec-le-directeur-de-lassociation-mlezi-maore/
  41. 201 médecins par 100 000 habitants en Métropole contre 180 à La Réunion, 147 en Guadeloupe ou 18 à Mayotte (Lurel, 2016 sup cité)
  42. Méjean, C. 2020. Alimentation et nutrition dans les départements et régions d’outre-mer, ed.C.E.collective, 210. Marseille: IRD Éditions.
  43. ISPF 2019, Enquête comportements alimentaires en Polynésie Française
  44. Nedjar-Guerre A. et al. 2020, Comprendre la pandémie de surpoids et d’obésité qui touche le Pacifique insulaire : l’exemple de la Nouvelle-Calédonie. In : The Conversation [en ligne]. http://theconversation.com/comprendre-la-pandemie-de-surpoids-et-dobesite-qui-touche-le-pacifique-insulaire-lexemple-de-la-nouvelle-caledonie-145907
  45. Nedjar-Guerre A. et al, 2020; sup cité
  46. https://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl12-460.html
  47. Jusqu’à 4,6 ans entre Mayotte et les Hauts-de-France. Mis en évidence par Lurel (2016, sup cité) et toujours d’actualité: INSEE, espérance de vie en 2021, chiffres-clés paru le 16/03/2022.
  48. La moyenne nationale s’établit à 3,4 décès pour 1 000 enfants nés vivants, ce taux se situe entre 3,9 et 9,9 Outre-mer, et jusqu’à 13,5 à Mayotte (Lurel, 2016 sup cité)
  49. Insee Analyses La Réunion. 2021. Enquête Santé à la Réunion en 2019. N°58.
  50. Insee Analyses Mayotte. 2021. Enquête Santé DOM en 2019. N°29.
  51. Agence sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie, Baromètre Santé Nouvelle-Calédonie 2015. Agence Sanitaire et Sociale de la Nouvelle-Calédonie
  52. Solène Bertrand S. et Berry A-L, 2013, Enquête santé 2010 en Polynésie française : surveillancedes facteurs de risque des maladies non transmissibles Bulletin épidémiologique hebdomadaire,

    16 juillet 2013, n° n°28-29. – 7 p.

  53. Selon l’étude réalisée par Mandereau-Bruno et al, en 2014, la Guadeloupe présente le plus fort taux de diabète traité avec 8,7 % de la population concernée, soit 1,7 fois plus élevé que le taux national. La Martinique et la Réunion sont respectivement à 8 % et 7,4 %, puis Mayotte avec 6-7 % (Etude Maydia 2008) et la Nouvelle-Calédonie avec 5,2 % (CAFAT 2017). Les données pour la Polynésie française ne sont pas disponibles.
  54. Burcelin R., 2017, Diabète de type 2 ⋅ Inserm, La science pour la santé. In : Inserm [en ligne]. Publié le : 05/07/2017 et modifié le : 13/02/2019 . https://www.inserm.fr/dossier/diabete-type-2/.
  55. Hormis la Guyane qui est continentale, tous ces territoires sont des îles, des archipels ou des ensembles d’archipels. Or pour ces îles au sein des îles, les problématiques d’éloignement et d’isolement liées à l’insularité y sont encore plus vives, on parle de double insularité. Celle-ci est une contrainte supplémentaire dans l’organisation des approvisionnements alimentaires.
  56. Dutheil C. et al. (2021) Fine-scale rainfall over New Caledonia under climate change. Climate Dynamics 56:87–108.
  57. Herrera A. et al. (2020) Dynamical Characteristics of Drought in the Caribbean from Observations and Simulations. Journal of Climate 33(24):10773–10797.
  58. Gloor M. et al. (2015) Recent Amazon climate as background for possible ongoing and future changes of Amazon humid forests. Global Biogeochem. Cycles 29:1384– 1399.Jimenez-Munoz J. et al. (2016) Record-breaking warming and extreme drought in the Amazon rainforest during the course of El Niño 2015–2016. Sci Rep 6:33130.
  59. https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/les-agriculteurs-aux-prises-avec-la-secheresse-de-l-hivernage-1099525.htmlhttps://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/la-plus-forte-secheresse-jamais-enregistree-aux-marquises-1015105.html

    https://www.franceguyane.fr/actualite/france/le-grand-jt-des-territoires/martinique-la-secheresse-des-agriculteurs-a-la-une-du-grand-jt-des-territoires-sur-tv5-monde-483974.php

  60. Vosper E.L. et al. (2020) Extreme hurricane rainfall affecting the Caribbean mitigated by the paris agreement goals. Environ. Res. Lett. 15:104053.
  61. https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/3-ans-apres-le-passage-de-l-ouragan-maria-resultats-prometteurs-du-plan-de-relance-de-la-filiere-banane-872602.html
  62. En Polynésie française, un tier des îles sont menacé de disparition d’ici 2100
    https://economie.eaufrance.fr/chiffres-cles/part-des-iles-de-polynesie-francaise-menacees-de-disparition-dici-2100-du-fait-de-la
  63. Sage R.F. (2020) Global change biology: A primer. Glob Change Biol. 26: 3– 30.
  64. Cirad (2019) La fusariose race 4 tropicale. Ce que l’on sait réellement de cette maladie et de ses impacts. FruiTrop n°265.
  65. Chabrier et al. (2005) Banane antillaise, les systèmes de culture évoluent : en Martinique, méthodes alternatives pour réduire l’utilisation des nématicides et insecticides en bananeraies. Phytoma-La Défense des Végétaux 584 : 12-16.
  66. Polynésie la 1ère, France TV Info, 19 février 2016, , Un tiers des pesticides utilisés en Polynésie sont interdits en EuropeMayotte la 1ère, France TV info, 23 décembre 2020, Danger : consommation de tomates achetées sur le bord des routes
  67. https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/saint-andre/poissons-crustaces-eau-douce-menaces-reunion-679707.html
    https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/la-caraibe-lutte-contre-la-surpeche-du-lambi-pour-preserver-l-espece-1291040.html
  68. Větrovský T. et al. (2020) A meta-analysis of global fungal distribution reveals climate-driven patterns. Nat Commun 10: 5142.Pautasso, M. et al. (2012) Impacts of climate change on plant diseases—opinions and trends. Eur J Plant Pathol 133:295–313.
  69. Auzanneau M., Chauvin H. 2021. Pétrole le déclin est proche
  70. https://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/28/le-prix-de-l-essence-enflamme-la-guyane_1124294_3224.html
  71. Ho Yick Cheong A-C. (2010) De la mobilisation collective de décembre 2008 en Guyane française au référendum de janvier 2010, une année de crise », Études caribéennes [En ligne], 17 | Décembre 2010. URL : http://journals.openedition.org/etudescaribeennes/4889
  72. La mer du Nord a passé son pic de production au début des années 2000 (Agence Internationale de l’Energie. 2018. World Energy Outlook 2018.)
  73. https://www.sara-antilles-guyane.com/cycle-production/approvisionnement/
  74. https://information.tv5monde.com/info/la-forte-hausse-des-prix-alimentaires-mondiaux-peut-etre-lourde-de-consequences-415335
  75. Wright J. (2005) Falta Petroleo! Perspectives on the emergence of a more ecological farming and food system in post-crisis Cuba. Thesis, Wageningen University, Wageningen.

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