billet d'humeur

Pensez à envoyer à votre sénateur·trice préféré·e une carte postale !

humeur de Décembre 2019

Mesdames, Messieurs,
 
Je suis certain que nous allons désormais à une catastrophe dont notre Histoire ne nous donne aucun exemple, si nous ne changeons pas au plus vite nos coutumes, notre économie et nos politiques. Des avaries imparables suscitent à bord l’alarme finale : “Tous aux postes d’évacuation !” Même si, pour les Terriens, dénués de tout canot de sauvetage, elle sonne absurde, elle couvre de sa rumeur l’humble voix franciscaine de mon commencement. Or, hélas, les puissants de la planète n’écoutent, pour le moment, ni l’une, dramatique et irréalisable, ni l’autre, bienheureuse et salvatrice.
 
C’est par cet extrait jovial du Contrat naturel de Michel Serres (paru en 1990) que la sénatrice Françoise Laborde a introduit les motifs d’une proposition de résolution sur la résilience alimentaire des territoires et la sécurité nationale. Ce texte sera débattu jeudi prochain 12 décembre au Sénat.

Si vous aussi, vous êtes de mauvaise humeur quand vous sautez le petit déj, pensez à envoyer à votre sénateur·trice préféré·e une carte postale !

Les six kilogrammes d’aliments ingérés chaque jour par un foyer de 3 personnes (boissons comprises) nécessitent en moyenne un déplacement par camion de 900 kilogrammes de marchandises sur 10 kilomètres. Le Soleil Vert semble être la principale denrée comestible des aires urbaines françaises, avec leur autonomie alimentaire moyenne de 2%.

Vous trouverez le nom et les coordonnées des sénateurs par département ici : cliquez sur le nom du sénateur, puis trouvez son mail (pas mal) à gauche de la page, et son adresse postale (bien mieux) en bas. N’hésitez pas à choisir le département de naissance de votre grand-mère plutôt que le vôtre, pour équilibrer un peu les boîtes aux lettres.

Un modèle est proposé ci-dessous (merci Adrastia pour l’inspiration !)

Allez, sortons nos plus belles plûmes.

 [Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,]

J’habite à [Commune (département)], et j’aimerais vous encourager à soutenir la proposition de résolution sur la résilience alimentaire des territoires et la sécurité nationale (n°588), déposée par madame la sénatrice Françoise Laborde et vingt-deux autres sénateurs·trices.

Aujourd’hui, la production alimentaire et la consommation sont largement dissociées : la majorité des aliments consommés a parcouru des centaines de kilomètres depuis leur lieu de production. Nos territoires, même ruraux, sont sous la perfusion des camions et de la grande distribution pour leur alimentation.
 
Or l’Agence Internationale de l’Energie a récemment alerté les dirigeants sur l’imminence du pic pétrolier mondial, prévu en l’état actuel des connaissances pour la décennie 2020. Les conséquences d’une diminution de la production pétrolière sur les marchés et la géopolitique internationale sont particulièrement incertaines et menaçantes. Dans ce contexte, le risque d’une contrainte à court terme sur l’approvisionnement de la France en produits pétroliers est bien réel.

Il s’agit là d’une importante vulnérabilité de notre nation, créant un risque systémique majeur s’il survenait des événements entraînant la rupture des chaînes d’approvisionnement. Pourtant, les plans de gestion des risques de type ORSEC ne prennent pas en compte ce type de risque. De nombreux rapports d’information sénatoriaux s’accordent à dire qu’il y a urgence à adapter notre système alimentaire aux chocs à venir, notamment ceux liés au changement climatique ou à la contrainte énergétique.

La proposition de résolution Résilience alimentaire des territoires et sécurité nationale, vise à alerter l’exécutif sur l’importance de la territorialisation de la production, de la transformation et de la distribution alimentaire, ainsi que sur la préparation des populations. Elle souligne l’urgence de rénover les dispositifs de sécurité civile pour y intégrer la résilience alimentaire des territoires et appelle le gouvernement à considérer l’alimentation, et notamment le foncier agricole nourricier, comme un secteur d’activité d’importance vitale. Garantir les conditions d’un niveau minimum de sécurité et d’approvisionnement alimentaire est un devoir pour les autorités publiques qui doivent être en mesure d’assurer une chaîne résiliente, allant du foncier agricole nourricier au consommateur.

En tant que citoyen(ne) du département de [………], je partage entièrement ces préoccupations et j’estime nécessaire de mettre l’accent sur la territorialisation de la production alimentaire et de renforcer les capacités d’anticipation et de prévention des pénuries et de troubles à l’ordre public. Aussi, je vous demande de bien vouloir soutenir cette proposition de résolution lorsqu’elle sera présentée en séance, le 12 décembre après-midi.

Veuillez agréer, Madame/Monsieur, l’expression de ma haute considération.

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